314-YahvĂ© Dieu dit au serpent: "Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et toutes les bĂȘtes des champs; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussiĂšre tous les jours de ta vie. 3-15-Je mettrai une inimitiĂ© entre toi et la femme, entre ta postĂ©ritĂ© et sa postĂ©ritĂ©, celle-ci te meurtrira Ă la tĂȘte, et tu la meurtriras au talon.â 3-16-A
Imprimer ou partager la page La tentation de JĂ©sus Christ au dĂ©sert Matthieu 4 1-10 Le Seigneur JĂ©sus Ă©tait venu de GalilĂ©e au Jourdain auprĂšs de Jean, pour ĂȘtre baptisĂ© par lui », prenant place volontairement au milieu des pĂ©cheurs repentants Matt. 3 13-15. L'Ă©vangile retrace ensuite son activitĂ© en grĂące, mais auparavant il a Ă©tĂ© emmenĂ© par l'Esprit dans le dĂ©sert pour ĂȘtre tentĂ© par le diable. Il Ă©tait le second Homme, l'homme obĂ©issant, le dernier Adam, qui venait pour prendre la place du premier, cet homme dĂ©sobĂ©issant 1 Cor. 15 45, 47. Le premier homme succombe Ă la tentation dans le jardin de dĂ©lices Dieu avait prĂ©parĂ© un lieu de dĂ©lices oĂč Il avait placĂ© le premier Adam, Ă©tabli chef sur la crĂ©ation. Celui-ci aurait pu y jouir d'un grand bonheur dans l'innocence, Ă condition de rester obĂ©issant Ă la parole de Dieu il ne devait pas manger du fruit dĂ©fendu Gen. 2 17. C'est dans de telles conditions que Satan est venu tenter nos premiers parents, en prĂ©tendant leur offrir ce que Dieu ne leur avait pas accordĂ©. Abordant Eve par la question Quoi, Dieu a ditâŠ? » 3 1, Satan les engage Ă faire ce qui leur Ă©tait interdit. Il rĂ©ussit Ă introduire insidieusement dans leur esprit un doute sur la bontĂ© de Dieu. Ensuite, le pĂšre du mensonge » Jean 8 44 ne tarde pas Ă affirmer, en contradiction absolue avec l'avertissement divin Vous ne mourrez point certainement » Gen. 3 4. Il prĂȘte Ă Dieu l'intention de priver Adam et Eve de ce qui est vraiment souhaitable. Il rĂ©ussit Ă les sĂ©duire en affirmant Vous serez comme Dieu » v. 5. HĂ©las, ils dĂ©sobĂ©issent et tombent sous l'esclavage de Satan, sous lequel seront aussi leurs descendants. Comme le dit le Nouveau Testament La convoitise, ayant conçu, enfante le pĂ©chĂ© ; et le pĂ©chĂ©, Ă©tant consommĂ©, produit la mort » Jac. 1 15. Alors Dieu annonce Ă Satan que la semence de la femme » lui brisera la tĂȘte Gen. 3 15. Son pouvoir lui sera ĂŽtĂ©. Cette semence de la femme », c'est le second Homme, venu du ciel. De Lui Dieu a pu dire, lors de son baptĂȘme et de la descente de l'Esprit sur Lui sous la forme d'une colombe Celui-ci est mon Fils bien-aimĂ©, en qui j'ai trouvĂ© mon plaisir » Matt. 3 16, 17. Le plan de Dieu est que Christ reçoive la domination sur toutes choses, ce qui doit avoir lieu bientĂŽt 1 Cor. 15 25. TentĂ© par Satan dans le dĂ©sert, JĂ©sus victorieux lie l'homme fort Avant que JĂ©sus commence son ministĂšre ici-bas, Satan se prĂ©sente pour le tenter, comme il l'avait dĂ©jĂ fait avec Adam. Celui-ci ne manquait de rien dans le jardin oĂč il vivait, oĂč Dieu lui-mĂȘme venait lui parler au frais du jour. Pourtant, lors de la tentation placĂ©e devant lui par l'ennemi, l'homme avait essuyĂ© une dĂ©faite complĂšte. Le diable s'est aussi efforcĂ© de faire sortir l'Homme Christ JĂ©sus du chemin de l'obĂ©issance Ă la volontĂ© de Dieu. Il a exercĂ© sur lui tous ses efforts de sĂ©duction, en lui prĂ©sentant des choses dĂ©sirables. Mais il a Ă©tĂ© entiĂšrement vaincu par l'Homme parfaitement obĂ©issant. JĂ©sus a donc Ă©tĂ© emmenĂ© par l'Esprit » pour ĂȘtre tentĂ© par le diable. La scĂšne se dĂ©roule au dĂ©sert, en prĂ©sence de bĂȘtes sauvages Marc 1 13. C'est lĂ qu'IsraĂ«l avait multipliĂ© les murmures et les convoitises Ps. 106 14. La premiĂšre tentation JĂ©sus jeĂ»ne d'abord durant quarante jours et quarante nuits ; aprĂšs cela il eut faim » Matt. 4 2. La privation devient une souffrance susceptible d'ouvrir la porte Ă la tentation. C'est Ă ce moment-lĂ que le tentateur s'approche et lui dit Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains » v. 3. Satan veut l'inciter Ă agir de son propre grĂ©, Ă user de sa puissance divine pour assouvir sa faim. Or, si le Seigneur Ă©tait de toute Ă©ternitĂ© le Fils de Dieu, Il Ă©tait aussi devenu un homme. A ce titre, Il ne voulait obĂ©ir qu'Ă Dieu seul, et Il n'accordait aucune place Ă sa propre volontĂ© Matt. 26 39. Au lieu d'entamer â comme Eve â une discussion avec Satan, Il lui rĂ©pond en se servant d'une ressource parfaite l'Ecriture, que Dieu a donnĂ©e Ă l'homme pour se diriger dans le monde et pour repousser l'ennemi. JĂ©sus dit Ă Satan Il est Ă©crit L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » Matt. 4 4; Deut. 8 3. Il met en Ă©vidence cette vĂ©ritĂ© fondamentale l'homme a une Ăąme qui a besoin de nourriture. Celle-ci ne se trouve que dans la Parole de Dieu. Quant Ă produire des pains et Ă les manger, JĂ©sus ne le ferait que si telle Ă©tait la volontĂ© de son PĂšre. Cette attitude admirable se retrouve tout au long de sa vie Je fais toujours les choses qui lui plaisent » Jean 8 29. Pour Christ, la prioritĂ© Ă©tait d'obĂ©ir Ă Dieu. Ce devrait ĂȘtre notre ligne de conduite Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez⊠faites tout pour la gloire de Dieu » 1 Cor. 10 31. Si Satan vient nous proposer d'accomplir quelque chose qui est incompatible avec la pensĂ©e de Dieu telle qu'il l'a rĂ©vĂ©lĂ©e dans sa Parole, il faut apprendre Ă lui rĂ©pondre, comme le Seigneur, au moyen de cette Parole. C'est par l'obĂ©issance que nous pourrons ĂȘtre plus que vainqueurs ». Appuyons-nous sur la victoire de Christ et nous aurons part aux bĂ©nĂ©dictions de ceux qui s'attendent Ă Lui Rom. 8 37. La vie d'un homme ne dĂ©pend pas uniquement de la satisfaction de ses besoins physiques, mais avant tout de l'accomplissement de la volontĂ© de Dieu. La deuxiĂšme tentation Satan revient Ă la charge, cette fois-ci avec une tentation d'ordre spirituel. Il cherche Ă imiter le Seigneur, en se servant lui-mĂȘme de la Parole. Il cite un passage des Psaumes qui promet au Messie la protection divine. Le diable transporte JĂ©sus sur le faĂźte du temple et lui dit Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est Ă©crit Il donnera des ordres Ă ses anges Ă ton sujet, et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre » Matt. 4 6. Mais JĂ©sus rĂ©pond Ă Satan Il est encore Ă©crit Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » Matt. 4 7 ; Deut. 8 16. Le diable cite une partie de la Parole et il en omet d'autres, et c'est ce qui lui permet d'en tirer des conclusions abusives. Cette façon trompeuse de prĂ©senter l'Ecriture en la dĂ©formant se retrouve souvent chez les agents » actuels de Satan. Ne sĂ©parons jamais un verset de l'ensemble des communications divines. Nous avons besoin de toute la Parole, car ses diffĂ©rentes parties se complĂštent mutuellement. Tenter Dieu, c'est chercher Ă le mettre Ă l'Ă©preuve, Ă vĂ©rifier la vĂ©racitĂ© de ses promesses. Mettons entiĂšrement notre confiance en lui ; nous recevrons une rĂ©ponse d'amour, au moment convenable â mais restons dans le chemin de l'obĂ©issance et de l'humilitĂ©. C'est donc de nouveau au moyen de l'Ecriture que le Seigneur est vainqueur de Satan. La troisiĂšme tentation AprĂšs son deuxiĂšme Ă©chec, le diable transporte encore JĂ©sus sur une fort haute montagne. Il lui montre, en un instant » Luc 4 5, tous les royaumes de ce monde et leur gloire. Puis il lui dit Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu me rends hommage » Matt. 4 9. Luc prĂ©cise Je te donnerai toute cette autoritĂ© et la gloire de ces royaumes ; car elle m'a Ă©tĂ© donnĂ©e, et je la donne Ă qui je veux » 4 6. Si Satan, dans son orgueil â qui est la faute du diable » â veut insinuer que c'est Dieu qui lui a livrĂ© cette puissance, c'est un mensonge et un blasphĂšme. S'il veut plutĂŽt dire que c'est l'homme qui la lui a indirectement donnĂ©e en lui obĂ©issant plutĂŽt qu'Ă Dieu Gen. 3, il n'a hĂ©las que trop raison. JĂ©sus lui-mĂȘme l'appelle le chef du monde », ajoutant aussitĂŽt qu'Il n'a rien en lui Jean 14 30. L'autoritĂ© que le diable exerce sur les hommes devenus ses enfants » 1 Jean 3 8-10 est usurpĂ©e. C'est pour dĂ©truire ces oeuvres de Satan que le Seigneur est descendu ici-bas, comme un homme, semblable Ă nous en toutes choses, Ă part le pĂ©chĂ©. Comme Fils de l'homme, JĂ©sus recevra bientĂŽt la domination, selon la promesse divine Ps. 8 2; elle fait partie du pouvoir qu'Il va exercer sur tout l'univers. Il a un droit absolu Ă la gloire et Ă l'honneur des nations Dan. 7 13, 14 ; Apoc. 21 26. En rĂ©ponse, JĂ©sus dit au Tentateur Va-t'en, Satan, car il est Ă©crit Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul » Matt. 4 10 ; Deut. 6 13. A la fin de la pĂ©riode actuelle de la grĂące, Satan se servira dans ce monde d'un homme que l'Ecriture appelle l'inique ». Cet homme exercera un grand pouvoir sur la terre, mais au moment de l'apparition du Seigneur, il sera anĂ©anti par le souffle de sa bouche 2 Thes. 2 8. Et ensuite Satan est obligĂ© de se retirer pour un temps » Luc 4 13. JĂ©sus lui a rĂ©sistĂ© victorieusement et maintenant, ayant liĂ© l'homme fort, Il va piller ses biens Matt. 12 29. Il ira de lieu en lieu, faisant du bien et guĂ©rissant tous ceux que le diable avait asservis Ă sa puissance, car Dieu est avec Lui Act. 10 38. Les anges s'approchent alors du Vainqueur et servent Celui qui les a créés ! La grande Ă©preuve sous-entendue par les mots pour un temps » se rĂ©alise quand viennent pour notre Sauveur les terribles heures de souffrances qui sont devant Lui, Ă GethsĂ©manĂ© par anticipation, et plus encore Ă la croix Luc 22 53 ; Jean 14 30. C'est lĂ que ayant dĂ©pouillĂ© les principautĂ©s et les autoritĂ©s, il les a produites en public, triomphant d'elles en la croix » Col. 2 14, 15. Ayant vu comment Satan peut se servir mĂȘme de la Parole de Dieu pour parvenir Ă ses fins, soyons sur nos gardes. Il nous est indispensable, pour ĂȘtre vainqueurs de ses ruses, de nous nourrir abondamment de l'Ecriture, de sorte qu'elle se grave dans notre coeur. C'est ainsi qu'elle pourra habiter en nous richement » Col. 3 16. L'Esprit s'en servira pour nous donner au bon moment les paroles appropriĂ©es Matt. 10 19, 20. Nous pourrons alors, par la foi, Ă©teindre les dards enflammĂ©s du mĂ©chant » Eph. 6 16. Ph. L article paru dans le "Messager EvangĂ©lique" - 2009
Ălâaudience du 20 avril 2016, Place Saint-Pierre, le pape François a dĂ©veloppĂ© sa catĂ©chĂšse Ă partir du passage de lâĂvangile-de-Luc (7, 36-50), la rencontre de JĂ©sus, du pharisien et de la femme pĂ©cheresse. Le pape a dĂ©crit lâattitude du pharisien qui « ne conçoit pas que JĂ©sus puisse se laisser âcontaminerâ par les pĂ©cheurs () Dieu et le pĂ©chĂ© sont
AoĂ»t 23 2015 La femme est la seconde faute de Dieu. » â friedrich nietzsche Autres citations que vous pourriez aimer Citation courte Tu veux te dĂ©cupler, te centupler ? Trouve des zĂ©ros. â friedrich nietzsche Citation courte MĂ©fiez-vous de tous ceux en qui lâinstinct de punir est puissant. â friedrich niet... Citation courte Le sĂ©rieux, ce symptĂŽme Ă©vident dâune mauvaise digestion. â friedrich nietzsche... Citation courte Tout individu collabore Ă lâensemble du cosmos. â friedrich nietzsche Citation courte Lâauteur doit cĂ©der la parole Ă son oeuvre. â friedrich nietzsche Citation courte Le christianisme et lâalcool, les deux plus grands agents de corruption. â friedri... By Angel âą citation courte, citation dieu, citation faute, citation femme, citation friedrich nietzsche âą 0 âą Tags courte, Dieu, faute, femme, Friedrich Nietzsche Citation courte La mode, câest la recherche dâun ridicule nouveau. â natalie clifford barney Citation courte Les peuples apprennent plus dâune dĂ©faite que les rois de la victoire. â alessandr... Laisser un commentaire Nom * Email * Citations AlĂ©atoiresBlague ordinateur Si votre ordinateur attrape un virus Ă partir dâun site p****, il aura attrapĂ© u... Si votre ordinateur attrape un virus Ă partir dâun site p****, il aura attrapĂ© une e-MST Autres citations que vousConseil Utile amitiĂ© Vous pouvez re-dynamiser un rĂȘve passĂ©, en y pensant avant de vous endormir, ... Vous pouvez re-dynamiser un rĂȘve passĂ©, en y pensant avant de vous endormir, cela aide Ă revenir Ă la fin de votrenous sommes devenus les meilleurs amis du monde⊠Hier Ă©tait le dĂ©but, demain sera peut-ĂȘtre la fin, mais quelque part entre les deux, nous sommes devenus lesHomeAvez-Vous DĂ©jĂ Une idĂ©e Blagues et Humour Conseils Utiles Le saviez-vous ? Messages et Sms dâamour PensĂ©es de Filles Sais tu aimer ? Saviez-vous que
femme nĂ© sous la loi," 1. LA PROVISION DU SALUT Dieu n'est pas obligĂ© de sauver qui que ce soit. Il ne doit rien Ă personne. C'est une grĂące totale. ''8 Car c'est par la grĂące que vous ĂȘtes sauvĂ©s, par le moyen de la foi. Et ela ne vient pas de vous, 'est le don de Dieu. 9 Ce n'est point pa les Ćuves, afin ue personne ne se glorifie
Bonsoir, Voici un florilĂšge de citations de Nietzsche sur la femme. Il y a de quoi se rĂ©galer aussi bien pour ceux qui pensent qu'il est misogyne, que pour les dĂ©fenseurs d'un Nietzsche antifĂ©ministe mais adorateur de la femme, qu'il a trop idĂ©alisĂ©e. Bonne lecture "Le bonheur est une femme." "La femme est une surface qui mime la profondeur" "La femme est la seconde faute de Dieu" "La femme apprend Ă haĂŻr dans la mesure oĂč elle dĂ©sapprend de charmer." "OĂč nâentrent en jeu ni amour ni haine, la femme nâest quâune mĂ©diocre actrice." "Tu vas chez les femmes ? N'oublie pas le fouet ! " Zarathoustra Si les Ă©poux ne vivaient pas ensemble, les bons mariages seraient plus frĂ©quents » Les jeunes filles qui ne veulent devoir qu'Ă l'attrait de leur jeunesse le moyen de pourvoir Ă toute leur existence et dont l'adresse est encore soufflĂ©e par des mĂšres avisĂ©es ont juste le mĂȘme but que les courtisanes, sauf qu'elles sont plus malignes et plus malhonnĂȘtes » Humain, trop humain O Criton ! commande donc Ă quelqu'un de mener ces femmes dehors ! » Les femmes, dit-il, veulent servir et y mettent leur bonheur ; et l'esprit libre veut n'ĂȘtre pas servi et y met son bonheur. » l'homme doit ĂȘtre Ă©levĂ© pour la guerre, la femme pour le dĂ©lassement du guerrier, tout le reste est folie » Les femmes deviennent par amour tout ce qu'elles sont dans l'idĂ©e des hommes dont elles sont aimĂ©es. » Le bonheur de l'homme, dit Zarathoustra, a nom je veux. Le bonheur de la femme a nom il veut. » au moment du mariage, on doit se poser cette question Crois-tu bien pouvoir t'entretenir avec cette femme jusqu'Ă la vieillesse ? Tout le reste du mariage est transitoire, mais la plus grande partie de la vie commune est donnĂ©e Ă la conversation. » "Le mariage met fin Ă beaucoup de folies par une longue sottise." "VĂ©nĂ©rez la maternitĂ©, le pĂšre n'est jamais qu'un hasard" Toutes les femmes sont pleines de finesse lorsqu'il s'agit d'exagĂ©rer leur faiblesse, elles sont mĂȘme pleines d'ingĂ©niositĂ© Ă inventer des faiblesses pour se donner l'apparence de fragiles ornements qu'un grain de poussiĂšre ferait souffrir. C'est ainsi qu'elles se dĂ©fendent contre la vigueur et le droit du plus fort. » George Sand n'est qu'une vache laitiĂšre au beau style » La femme parfaite, a-t-il dit, est un type plus Ă©levĂ© de l'humanitĂ© que l'homme parfait ; c'est aussi quelque chose de plus rare » "Souvent ! sans que l'on s'y attende ! â Combien d'hommes mariĂ©s ont vu venir le matin oĂč ils s'apercevaient que leur jeune femme Ă©tait ennuyeuse et se figurait le contraire ! Pour ne point parler de ces femmes dont la chair est prompte, mais l'esprit faible ! " "â Cette femme est belle et intelligente ; hĂ©las ! combien elle serait devenue plus intelligente si elle n'Ă©tait pas belle !" "Chez la femme tout est une Ă©nigme mais il y a un mot Ă cet Ă©nigme ce mot est grossesse." "L'homme est pour la femme un moyen le but est toujours l'enfant. Mais qu'est la femme pour l'homme ?" "L'homme vĂ©ritable veut deux choses le danger et le jeu. C'est pourquoi il veut la femme, le jouet le plus dangereux. " " je le rĂ©pĂšte, on ne fonde pas le mariage sur l'amour », â on le fonde sur l'instinct de l'espĂšce, sur l'instinct de propriĂ©tĂ© la femme et les enfants Ă©tant des propriĂ©tĂ©s, sur l'instinct de la domination qui sans cesse s'organise dans la famille en petite souverainetĂ©, qui a besoin des enfants et des hĂ©ritiers pour maintenir, physiologiquement aussi, en mesure acquise de puissance, d'influence, de richesse, pour prĂ©parer de longues tĂąches, une solidaritĂ© d'instinct entre les siĂšcles." "le danger pour l'artiste, pour l'homme de gĂ©nie - et ce sont eux les Juifs errants - le danger rĂ©side dans la femme les femmes aimantes sont leur perte. Presque personne n'a assez de caractĂšre pour ne pas se laisser corrompre - sauver », quand il se sent traitĂ© comme un dieu, - il condescend aussitĂŽt jusqu'Ă la femme. - L'homme est lĂąche devant tout ce qui est Ă©ternellement fĂ©minin c'est ce que savent les petites femmes. - Dans beaucoup de cas d'amour fĂ©minin, et peut-ĂȘtre prĂ©cisĂ©ment dans les plus cĂ©lĂšbres, - l'amour n'est autre chose qu'un parasitisme plus raffinĂ©, un moyen de se nicher dans une Ăąme Ă©trangĂšre, parfois mĂȘme dans une chair Ă©trangĂšre - hĂ©las ! combien souvent au dĂ©pens de l'hĂŽte ! " Les femmes peuvent-elles d'une façon gĂ©nĂ©rale ĂȘtre justes, Ă©tant si accoutumĂ©es Ă aimer, Ă prendre d'abord des sentiments pour ou contre? C'est d'abord pour cela qu'elles sont rarement Ă©prises des choses, plus souvent des personnes... » Les jeunes filles inexpĂ©rimentĂ©es se flattent de l'idĂ©e qu'il est en leur pouvoir de faire le bonheur d'un homme; plus tard, elles apprennent que cela Ă©quivaut Ă dĂ©prĂ©cier un homme en admettant qu'il ne faut qu'une jeune fille pour faire son bonheur. » Ainsi j'arrive, moi aussi, Ă ce principe dans ce qui touche aux hautes spĂ©culations philosophiques tous les gens mariĂ©s sont suspects. » " Des femmes peuvent trĂ©s bien lier amitiĂ© avec un homme, mais pour la maintenir, il y faut peut-ĂȘtre le concours d'une petite antipathie physique " "La femme n'est pas encore capable d'amitiĂ© elle ne connaĂźt que l'amour." citation peu sĂ»re "Nâaimer quâun seul est barbarie, car câest au dĂ©triment de tous les autres. FĂ»t-ce lâamour de Dieu."
ORTHOGRAPHE- « La plupart de son temps est consacré au travail», « la plupart des filles aiment le rose » Les locutions sont toutes les deux correctes. Leur écriture diffÚre pourtant.
Dans les pages qui suivent, jâaborde les textes de la Bible en ayant constamment en tĂȘte mon ministĂšre pastoral, et ce quâil implique parfois lâaccompagnement de couples en difficultĂ©s, de personnes divorcĂ©es, de personnes remariĂ©es. Mais aussi en mâattachant Ă une lecture la plus fidĂšle possible. Avant dâaller de lâavant il faut ajouter une prĂ©cision. La Bible utilise en gĂ©nĂ©ral le terme ârĂ©pudiationâ lĂ oĂč nous disons âdivorceâ. MĂȘme si lâinverse Ă©tait considĂ©rĂ© comme possible cf. Mc ; cf. 1 Co la rĂ©pudiation câĂ©tait, le plus souvent, le renvoi de la femme par son mari, sans que celle-ci ait son mot Ă dire. Cela nous choque. Les droits de la femme Ă©taient loin dâĂȘtre ce quâils sont aujourdâhui. Et il est Ă©vident que le chrĂ©tien peut se rĂ©jouir des acquis des sociĂ©tĂ©s modernes sur ce plan. On doit se souvenir que les textes bibliques Ă©manent dâune autre Ă©poque. Cela ne doit pas nous dĂ©courager dây trouver la Parole de Dieu Parole divine donnĂ©e Ă une Ă©poque ancienne certes, mais Parole quâil nous faut entendre et retranscrire pour notre Ă©poque. LâANCIEN TESTAMENT PERMET-IL LE DIVORCE ? Que dit lâAncien Testament sur le divorce ? MĂȘme si le chrĂ©tien se tourne prioritairement vers les textes du Nouveau Testament, il ne peut ignorer les passages plus anciens qui en constituent lâarriĂšre-plan. Interdiction du divorce Deux textes de la loi interdisent explicitement la rĂ©pudiation dans des circonstances particuliĂšres lorsquâun homme accuse faussement sa femme dâavoir eu des relations sexuelles avant le mariage Dt ; lorsquâun homme a Ă©pousĂ© la jeune fille non-fiancĂ©e quâil avait contrainte Ă des relations sexuelles Dt Un autre texte de lâAncien Testament interdit explicitement le divorce Malachie On y trouve, au verset 16, la parole divine âJe hais la rĂ©pudiationâ. On peut lui donner le sens suivant. AprĂšs avoir critiquĂ© la pratique du mariage mixte le prophĂšte sâoppose Ă la rĂ©pudiation v. 13-16. Pour justifier leur pratique du divorce, des hommes auraient invoquĂ© lâexemple dâAbraham qui a rĂ©pudiĂ© Hagar Gn 16 et 21. Le verset 15 y ferait allusion. Il faudrait le traduire âPas un nâa fait cela avec un reste de bon sens. Et pourquoi lâun â Abraham lâa fait ? Parce quâil cherchait une descendance de Dieu ! Gardez votre bon sens ! Ne trahissez pas la femme de votre jeunesse !â Selon cette hypothĂšse, le prophĂšte chercherait Ă prĂ©senter la rĂ©pudiation dâHagar comme un cas unique liĂ© Ă la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger Isaac, le descendant promis. Câest lâoption de la traduction du Semeur. La difficultĂ© avec cette interprĂ©tation, câest quâHagar nâĂ©tait pas la femme de la jeunesse dâAbraham. On peut comprendre lâallusion probable Ă Abraham dâune autre maniĂšre. Le prophĂšte proposerait en exemple le fait quâil nâa jamais rĂ©pudiĂ© Sara â la femme de sa jeunesse â quand bien mĂȘme elle ne lui donnait pas de descendance. Dans ce cas il faudrait traduire le verset 15 âPas mĂȘme ce cas unique â Abraham â nâa fait cela bien quâil ne lui reste quâun souffle. Et que reprĂ©sente ce cas unique qui cherchait une descendance de Dieu ?1. Gardez votre bon sens ! Que personne ne trahisse la femme de sa jeunesse !â Le prophĂšte invoquerait lâexemple emblĂ©matique de lâancĂȘtre Abraham. Ă lâarriĂšre-plan de ce verset il y aurait la pratique de la rĂ©pudiation pour cause dâinfĂ©conditĂ© de la femme 2. La rĂ©pudiation pour un tel motif Ă©tait haĂŻssable aux yeux du Seigneur. PossibilitĂ© du divorce ? Le texte de DeutĂ©ronome prĂ©sente une loi casuistique, c'est-Ă -dire une loi formulĂ©e Ă partir de situations particuliĂšres. Toute la question est de savoir oĂč, dans le texte, se trouve la loi, et Ă quel cas prĂ©cis veut-elle rĂ©pondre ? Selon la traduction de la Nouvelle Bible Segond on aurait deux disposi- tions lĂ©gislatives. La premiĂšre, au verset 1, Ă©tablirait lâobligation dâĂ©crire une lettre de rupture en cas de rĂ©pudiation. La seconde disposition se trouverait dans les versets 2-4 elle concernerait lâimpossibilitĂ©, pour le mari qui a rĂ©pudiĂ© sa femme, de la reprendre Ă lui si, dans lâintervalle, elle a Ă©tĂ© remariĂ©e Ă un autre homme. Selon cette traduction, ce texte proposerait donc deux lois une sur lâobligation de remettre une lettre de divorce en cas de rĂ©pudiation et la seconde sur lâimpossibilitĂ© dâun cas particulier de remariage. Mais la grande majoritĂ© des commentateurs actuels rejette cette façon de lire DeutĂ©ronome 24. La TOB ou La Bible du Semeur proposent une autre traduction dans laquelle les versets 1-3 constituent lâexplicitation du cas particulier, et le verset 4 la loi en tant que telle Si un homme rĂ©pudie sa femme en lui remettant une lettre de divorce, quâelle quitte sa maison et se remarie Ă un autre homme, que ce second mari la rĂ©pudie Ă nouveau selon la mĂȘme procĂ©dureâŠâŠ alors son premier mari ne pourra pas la reprendre pour Ă©pouse. Selon cette comprĂ©hension, il nây a pas deux lois, mais une seule, qui concerne lâimpossibilitĂ© dâun type particulier de remariage un homme ne peut pas reprendre celle quâil a rĂ©pudiĂ©e si elle a Ă©tĂ© remariĂ©e entre- temps. Si cette lecture est juste, et cela semble bien ĂȘtre le cas au regard de sa conformitĂ© au texte hĂ©breu, ce texte ne donne aucune prescription sur le divorce, il ne lĂ©galise pas une forme de divorce. Il reconnaĂźt simplement que la pratique de la rĂ©pudiation existait lorsquâun homme trouvait âquelque chose dâinconvenantâ chez sa femme. En fait, comme le dit Christopher Wright, le divorce comme le mariage Ă©taient encadrĂ©s par la juridiction familiale privĂ©e et non par les codes de lois civiles quâon trouve dans les Ă©crits bibliques 3. On peut sâĂ©tonner devant lâimprĂ©cision du motif de la rĂ©pudiation âquelque chose dâinconvenantâ. Lâexpression hĂ©braĂŻque erwĂąt dabar pourrait littĂ©ralement se traduire la nuditĂ© des choses. Le terme erwĂąh est, presque toujours dans la Bible, un euphĂ©misme pour dĂ©signer les parties sexuelles par exemple Lv Lâexpression semble donc avoir affaire avec une forme dâinconvenance sexuelle, sans quâil soit possible dâĂȘtre beaucoup plus prĂ©cis. La loi sinaĂŻtique ne prescrit donc pas le divorce. Tout au plus peut-on dire quâelle reconnaĂźt lâexistence dâune pratique encadrĂ©e par la juridiction familiale. Toute la question pour nous est de savoir ce que vaut cette reconnaissance vaut-elle approbation ou non ? Il est difficile de rĂ©pondre sur la base de ce seul texte. Toutefois, quand on sait que dâautres lois interdisent expressĂ©ment la rĂ©pudiation voir Dt on peut admettre que, en mentionnant la pratique sans lâinterdire, cette loi lui reconnaĂźt une certaine lĂ©gitimitĂ©. Des divorces imposĂ©s Les livres dâEsdras 9-10 et de NĂ©hĂ©mie racontent comment, aprĂšs le retour de lâexil, des JudĂ©ens mariĂ©s Ă des femmes Ă©trangĂšres furent dans lâobligation de les rĂ©pudier. Mais on peut considĂ©rer que lâon a affaire ici Ă une situation tout Ă fait exceptionnelle. Avec ces mariages, le schĂ©ma qui avait conduit Ă lâexil babylonien risquait de se reproduire cf. Esd ; NĂ© ? Câest pour Ă©viter de revivre le trauma- tisme de lâexil que ces mesures exceptionnelles furent prises. JĂSUS PERMET-IL LE DIVORCE ? LâAncien Testament nâest pas trĂšs loquace sur le divorce. Il me semble que, plutĂŽt que dâinterdire le divorce, la dĂ©marche vĂ©tĂ©rotestamentaire consiste Ă en limiter la pratique afin dâĂ©viter des situations trop injustes pour ses premiĂšres victimes les femmes. Ce point de vue se confirmera Ă la lecture du Nouveau Testament, Ă commencer par les passages des en Matthieu que, pour la premiĂšre fois, on trouve le verbe rĂ©pudier dans la bouche du Seigneur âIl a aussi Ă©tĂ© dit Quiconque rĂ©pudie sa femme doit lui donner un certificat de rupture. Mais moi je vous dis que toute personne rĂ©pudiant sa femme, exceptĂ© pour cause dâinconduite sexuelle, lâexpose Ă ĂȘtre adultĂšre et quiconque Ă©pouse une rĂ©pudiĂ©e est adultĂšreâ. Ă y regarder de plus prĂšs, on se rend compte que la prĂ©occupation essentielle de cette dĂ©claration câest de mettre en Ă©vidence deux situations dâadultĂšre Celui qui rĂ©pudie sa femme, sauf pour inconduite, lâexpose Ă devenir adultĂšre ; Celui qui Ă©pouse une rĂ©pudiĂ©e sous entendu sauf celle qui a Ă©tĂ© rĂ©pudiĂ©e pour inconduite ? est adultĂšre. Nos deux versets sâinscrivent dans le contexte dâun enseignement sur lâadultĂšre Matthieu Ce passage apparaĂźt dans le fameux chapitre du sermon sur la montagne oĂč JĂ©sus donne son interprĂ©tation de certaines lois. Tous les passages sont introduits par la formule âVous avez entendu quâil a Ă©tĂ© dit⊠Mais moi je vous disâ En revanche lâintroduction du est plus courte âil a aussi Ă©tĂ© ditâŠâ. On peut donc en dĂ©duire que JĂ©sus ne cherche pas Ă examiner une nouvelle loi mais plutĂŽt quâil prolonge sa rĂ©flexion sur lâadultĂšre par lâĂ©vocation de cas concrets. JĂ©sus ne se prononcerait donc pas ici sur le divorce en tant que tel, mais plutĂŽt sur des situations liĂ©es au divorce risquant de conduire Ă lâ ne signifie pas que ce texte ne dit rien sur le divorce, mais, mĂ©tho- dologiquement, ce nâest pas de lui quâil faut commencer. Ce texte dit, directement, ce que JĂ©sus pense de lâadultĂšre, et indirectement seulement, un aspect de sa pensĂ©e sur le divorce. Ce texte doit ĂȘtre interprĂ©tĂ© Ă la lumiĂšre des autres textes oĂč JĂ©sus parle du // Marc racontent, avec quelques diffĂ©rences, le rĂ©cit dâune conversation entre JĂ©sus et des pharisiens. Ces derniers lâinterpellent sur la question de la rĂ©pudiation. On est donc en plein dans notre sujet. On admet en gĂ©nĂ©ral que les pharisiens demandaient Ă JĂ©sus de prendre position dans un dĂ©bat qui agitait le judaĂŻsme Ă cette Ă©poque. Sây opposaient deux Ă©coles rivales correspondant Ă deux maniĂšres dâinterprĂ©ter le texte de DeutĂ©ronome 24, particuliĂšrement lâexpression vague âQuelque chose dâinconvenantâ Dt LâĂ©cole libĂ©rale du rabbin Hillel donnait Ă cette expression un sens trĂšs large on pouvait rĂ©pudier sa femme pour un motif aussi futile quâun plat mal cuit 4. Quand les pharisiens, selon le texte de Matthieu, demandent sâil est permis Ă un homme de rĂ©pudier sa femme âpour nâimporte quel motifâ, ils font directement allusion Ă cette Ă©cole libĂ©rale. En face, il y avait lâĂ©cole du rabbin ShammaĂŻ, beaucoup plus rigoriste, qui pensait que lâadultĂšre Ă©tait le seul motif valable de divorce. JĂ©sus va-t-il prendre position dans ce dĂ©bat ? Quelle est sa position Ă lui, le Seigneur ? Le mariage dâabord, la permission du divorce ensuite Remarquons que JĂ©sus ne prend pas directement position. Selon le rĂ©cit de Matthieu, il renvoie les pharisiens aux ordonnances crĂ©ationnelles sur le mariage Mt Dans le rĂ©cit de Marc, il rĂ©pond par une question âQue vous a commandĂ© MoĂŻse ?â Le verbe âcommanderâ est trĂšs fort. On a vu que, formellement, DeutĂ©ronome 24 nâest pas un commandement sur le divorce ; il est donc permis de penser quâen utilisant un verbe aussi fort, JĂ©sus espĂ©rait conduire les pharisiens vers dâautres commandements directement vers les ordonnances du mariage dans les rĂ©cits de crĂ©ation ou peut-ĂȘtre vers les commandements de MoĂŻse interdisant explicitement le divorce et ainsi, par ricochet, vers les ordonnances crĂ©ationnelles. Il est certain en tout cas, selon le rĂ©cit de Matthieu, que câest bien au mariage que JĂ©sus a pensĂ© en premier. On peut donc penser que câest vers le mariage, et tout le sĂ©rieux quâil faut attacher aux ordonnances divines, quâil espĂ©rait aussi orienter les pharisiens selon le rĂ©cit de premiĂšre rĂ©action de JĂ©sus est dĂ©jĂ pleine dâenseignement. Alors que la tendance actuelle en cas de difficultĂ© conjugale conduit Ă penser dâabord âdivorceâ, lâattitude de JĂ©sus est, pour le chrĂ©tien et a fortiori pour le pasteur et la dĂ©marche pastorale, un rappel important elle invite Ă penser dâabord âmariageâ. Câest lui quâil faut valoriser, câest lui quâil faut tenter de sauver. Et ceci en vertu de lâordonnance crĂ©ationnelle qui prime sur la permission conduit Ă une seconde remarque. Selon le rĂ©cit de Marc, les phari- siens ont bien perçu la subtilitĂ© introduite par JĂ©sus avec le verbe âcommanderâ. Certes ils ne vont pas le suivre mais ils vont recentrer le dĂ©bat sur la rĂ©pudiation en Ă©voquant la permission mosaĂŻque â et non le commandement â de DeutĂ©ronome On retrouve, dans le rĂ©cit matthĂ©en, le mĂȘme glissement du verbe commander vers le verbe permettre, Ă cette diffĂ©rence prĂšs que ce sont les pharisiens qui utilisent le premier et JĂ©sus le second Mt Quoi quâil en soit de cette diffĂ©rence, le glissement est lĂ , et il est important. Il Ă©tait au cĆur de la conversation entre JĂ©sus et les rĂ©cit rappelle clairement que la Torah ne contient pas de commandement sur le divorce, mais seulement une permission, Ă cause de la duretĂ© du cĆur humain. Une permission est moins quâun commandement, mais câest plus quâune simple tolĂ©rance. En permettant, le Seigneur accorde, il valide la possibilitĂ© du divorce. Si la parole du Seigneur invite Ă tout faire pour tenter de sauver un mariage en difficultĂ©, elle admet aussi lâexistence de cas limites, de cas oĂč le Seigneur lui-mĂȘme valide la possibilitĂ© de la sĂ©paration. Une telle permission, validĂ©e par le Seigneur, doit ĂȘtre prise comme une porte ouverte, une vraie possibilitĂ© offerte pour se reconstruire en dehors du cadre destructeur dâun mariage devenu toxique. Toute la question est de savoir Ă quelle situation sâapplique cette permission. Le sens de la clause dâexception Ceci nous conduit Ă examiner la fameuse clause dâexception de cf dĂ©jĂ Mt âJe vous dis que quiconque renvoie sa femme, sauf pour inconduite sexuelle pornĂ©ia, et en Ă©pouse une autre est adultĂšreâ. Ici se cristallise le dĂ©bat. Ă la diffĂ©rence prĂšs de la clause dâexception et de lâexpression âenvers elleâ, la phrase est strictement identique en Marc En Luc en dĂ©pit de termes diffĂ©rents, le sens est le mĂȘme. Matthieu est donc le seul Ă contenir cette clause dite dâexception. Nous ne croyons pas quâil sâagit dâun ajout matthĂ©en5.Que dĂ©signe exactement le mot pornĂ©ia ? Dans les textes bibliques ce mot a plusieurs sens Prostitution. Câest le sens premier. Le terme grec pour dĂ©signer la prostituĂ©e est pornĂ©. Voir Matthieu ; Luc ; 1 Corinthiens Câest aussi dans ce sens quâil est utilisĂ© mĂ©taphoriquement Ap ; La racine dĂ©signe le fait de se prostituer la prostituĂ©e est appelĂ©e la pornĂ© , mais aussi le fait de sâunir Ă une prostituĂ©e. Relations sexuelles incestueuses. Le terme dĂ©signe quelquefois des unions interdites par la loi juive en raison dâun degrĂ© de consanguinitĂ© trop Ă©troit Lv Câest le sens en 1 Corinthiens Peut-ĂȘtre aussi en Actes et Sâil fallait donner ce sens restreint au terme dans la clause dâexception, JĂ©sus affirmerait que certaines unions devraient ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme non valides aux yeux de Dieu en raison dâun degrĂ© trop Ă©troit de consanguinitĂ©. La clause ne serait donc pas une permission de divorce mais plutĂŽt la reconnaissance de lâinvaliditĂ© de certaines unions conjugales aux yeux de Dieu. Cela rejoint le point de vue catholique qui refuse le divorce mais reconnaĂźt quâil existe des cas de nullitĂ© de mariage. Ce ne sont pas des annulations mais des dĂ©clarations de nullitĂ©. Un mariage est dĂ©clarĂ© nul et non avenu parce quâil nâa pas respectĂ© certaines rĂšgles constitutives dâun mariage valide. La difficultĂ© avec cette interprĂ©tation, câest quâelle donne un sens peu courant au mot pornĂ©ia. En 1 Corinthiens le contexte impose ce sens. Mais rien dans notre contexte ne lâimpose. Ce nâest pas parce que le terme a ce sens dans un passage du Nouveau Testament quâil faut lâimposer ailleurs. Surtout lorsque ce nâest pas le sens le plus courant. AdultĂšre. LĂ encore ce nâest pas un sens courant. On le trouve dans la LXX, en Nombres ou en JĂ©rĂ©mie Mais le grec a un autre mot plus spĂ©cifique pour dĂ©signer lâadultĂšre moicheia. Ce mot spĂ©cifique apparaĂźt dâailleurs dans le contexte de la clause dâexception Mt et ce qui conduit Ă penser que les deux termes ont ici un sens diffĂ©rent. JĂ©sus ne dirait donc pas que lâadultĂšre est le seul motif lĂ©gitime de divorce. Il se distancierait ainsi de la position de ShammaĂŻ. Inconduite sexuelle. Dans plusieurs passages le mot a un sens moins clairement dĂ©fini Mc ; 1 Co ; Il Ă©voque toute forme dâinconduite sexuelle lâadultĂšre ou la prostitution, bien sĂ»r, mais pas uniquement. Plus largement, tout comportement qui ne correspond pas Ă un usage de la sexualitĂ© conforme Ă la volontĂ© divine. Dans la pensĂ©e de Dieu, la sexua- litĂ© est un geste dâamour accompli dans le cadre du mariage ; elle suppose la fidĂ©litĂ© et le respect du conjoint. Tout ce qui sort de ce cadre peut ĂȘtre qualifiĂ© de pornĂ©ia. Ainsi, en DeutĂ©ronome les relations sexuelles avant le mariage sont dĂ©signĂ©es, dans la Septante, avec le verbe porneuĂŽ. Mais bien dâautres attitudes pourraient ĂȘtre concernĂ©es harcĂšlement sexuel, exhi- bitionnisme⊠On pourrait aussi penser Ă des situations plus actuelles comme lâhabitude de frĂ©quenter, sur Internet, des tchats pornographiques⊠Nâayant aucune indication dans notre contexte pour donner un sens spĂ©cifique au terme, câest ce sens plus gĂ©nĂ©ral quâil faut conserver. JĂ©sus dirait que toute forme de sexualitĂ© ne correspondant pas Ă la volontĂ© de Dieu pourrait ĂȘtre une cause lĂ©gitime de comprĂ©hension de la clause dâexception nous conduit Ă faire la remarque suivante comme en DeutĂ©ronome le contenu nâest pas fixĂ© avec prĂ©cision. JĂ©sus nâutilise pas le mot moicheia et donc ne limite pas la possibilitĂ© du divorce Ă lâadultĂšre. Certes JĂ©sus nâouvre pas la permission du divorce aussi largement que le faisait Hillel. La raison est Ă©vidente. Pour lui le mariage est une institution divine et en aucun cas il ne voulait en relativiser lâimportance. En cas de difficultĂ©, il faut tout faire pour le sauver âQue lâhomme ne sĂ©pare pas ce que Dieu a uniâ. JĂ©sus ne cherche pas non plus Ă banaliser le divorce. La formulation de la phrase qui contient la clause le dĂ©montre ; en toute rigueur JĂ©sus ne permet pas le divorce, il lâinterdit, sauf dans certains cas⊠Il fait preuve de la plus grande prudence car un divorce infondĂ© fait courir le risque du pĂ©chĂ© dâadultĂšre. Mais le fait de ne pas Ă©noncer avec prĂ©cision les motifs permettant le divorce est significatif. Pour JĂ©sus il ne sâagissait pas, comme le faisait ShammaĂŻ, de dĂ©finir de façon prĂ©cise les conditions de possibilitĂ© dâun divorce. JĂ©sus nâa pas une approche lĂ©galiste. Il ouvre une autre dĂ©marche ne pas trop prĂ©ciser, afin de maintenir une porte ouverte lorsque le mariage, trop profondĂ©ment atteint, affecte gravement et blesse irrĂ©mĂ©diablement lâun au moins des conjoints. Garder une porte ouverte sans toutefois cĂ©der Ă la banalisation. Telle est la ligne de crĂȘte, Ă©troite mais nĂ©cessaire, pour refuser tout laxisme, mais aussi pour maintenir la possibilitĂ© dâun nouveau dĂ©part en cas dâĂ©chec avĂ©rĂ© du mariage. Lâapproche de JĂ©sus nâest ni lĂ©galiste, ni libĂ©rale. Câest une approche pastorale, qui privilĂ©gie la compassion sans tomber dans le laxisme. LâAPĂTRE PAUL PERMET-IL LE DIVORCE ? Câest dans 1 Corinthiens que lâon trouve les paroles principales de lâapĂŽtre concernant le divorce et le remariage. De prime abord, lorsquâon lit ces versets, particuliĂšrement les versets 10-11, on pourrait se dire que la cause est entendue. LâapĂŽtre serait opposĂ© au divorce âQue la femme ne se sĂ©pare pas de son mari⊠et que le mari nâaban- donne pas sa femmeâ ; le mariage serait indissoluble, de la maniĂšre la plus absolue, tant que lâun des conjoints est vivant ; seule la mort est susceptible de libĂ©rer de ce lien cf. Rm et 1 Co comprĂ©hension des textes de Paul est encore assez rĂ©pandue, notamment chez un grand spĂ©cialiste Ă©vangĂ©lique Gordon Fee 7. Mais, si on lâadopte, on doit se demander Comment lâapĂŽtre a-t-il reçu la clause dâexception formulĂ©e par JĂ©sus ? Ne la connaissait-il pas, lui qui prĂ©tend parler au nom du Seigneur ? Et surtout ne se contre-dirait-il pas avec ce quâil dit un peu plus loin ? En effet, ne laisse-t-il pas entendre, au verset 15, que le mari et la femme peuvent ĂȘtre libĂ©rĂ©s du lien du mariage alors que les deux sont toujours vivants ? Rappel du contexte Pour comprendre ces versets, on ne peut pas faire lâimpasse sur le contexte. DĂšs le dĂ©but du chapitre lâapĂŽtre rĂ©pond Ă des questions concernant le mariage8. Pour comprendre ces rĂ©ponses, il est important de chercher Ă saisir les questions Ă lâarriĂšre-plan et leur reconstitution de la situation de lâĂglise de Corinthe fait lâobjet dâun large consensus 9. Des membres de lâĂglise Ă©taient fortement influencĂ©s par les premiĂšres manifestations dâune philosophie Ă©trangĂšre Ă la Bible, connue au IIĂšme siĂšcle sous le nom de gnosticisme. Certes, Ă lâĂ©poque oĂč Paul Ă©crit le gnosticisme nâest pas encore connu comme tel. Mais les prĂ©mices de cette façon de penser se font dĂ©jĂ sentir. On a aussi appelĂ© ces courants âspiritualistesâ Ă cause de lâaccent mis sur lâesprit au dĂ©triment du corps seul compterait lâesprit ; les rĂ©alitĂ©s corporelles seraient indiffĂ©rentes, voire nuisibles Ă lâesprit. Dâune telle conception naissait deux attitudes opposĂ©es celle qui affirmait que lâon peut faire ce que lâon veut de son corps, que cela nâa aucune incidence sur lâesprit ; et celle qui affirmait que lâon doit brider toutes les rĂ©alitĂ©s corporelles pour sele judaĂŻsme contemporain de JĂ©sus, le divorce impliquait le droit au remariage. En effet le talmud indique que la lettre de divorce comportait la formule âTu es libre de te remarierâ14. Des documents juridiques de la colonie juive dâĂlĂ©phantine, en Ăgypte, allaient dans le mĂȘme sens 15. Les pharisiens qui venaient Ă JĂ©sus avaient en tĂȘte le texte de DeutĂ©ronome 24 et aussi la pratique courante telle quâelle est reflĂ©tĂ©e dans ces documents du judaĂŻsme. Pour eux, rĂ©pudiation et droit au remariage allaient de pair. Si JĂ©sus avait voulu sâopposer Ă cette conception courante, il aurait normalement dĂ» le signifier. Certains, Ă la suite de JĂ©rĂŽme au IVĂšme siĂšcle, ont affirmĂ© que la clause dâexception doit sâappliquer Ă la premiĂšre partie de la phrase seulement mais pas Ă la deuxiĂšme. Ainsi JĂ©sus admettrait, dans certains cas, la possibilitĂ© de sĂ©paration, mais en aucun cas il ne permettrait le remariage. En dâautre terme il aurait voulu dire âQuiconque rĂ©pudie sa femme, sauf en cas dâinconduite sexuelle, commet un adultĂšre et quiconque se remarie, dans tous les cas, commet un adultĂšreâ. Mais cette interprĂ©tation soulĂšve des difficultĂ©s. Elle impliquerait que la rĂ©pudiation, mĂȘme sans remariage, serait un adultĂšre. Or dans la pensĂ©e biblique, lâadultĂšre suppose une relation sexuelle. Sauf Ă redĂ©finir le sens de ce mot, on ne voit pas trĂšs bien comment le simple fait de se sĂ©parer de son conjoint serait un adultĂšre. De plus, si JĂ©sus avait Ă©voquĂ© ici deux situations diffĂ©rentes, il aurait Ă©tĂ© logique que lâannonce du rĂ©sultat de ces deux situations soit au pluriel âCelui rĂ©pudie sa femme, sauf en cas de pornĂ©ia, et celui qui se remarie sont adultĂšresâ. Ou bien alors, comme en Matthieu il aurait dĂ» rĂ©pĂ©ter Ă chaque fois le rĂ©sultat âCelui qui rĂ©pudie sa femme â sauf en cas de pornĂ©ia â commet lâadultĂšre et celui qui se remarie commet lâadultĂšreâ16. La maniĂšre la plus logique de lire cette phrase, câest donc de considĂ©rer que JĂ©sus nâĂ©voque ici quâune seule situation celle dâun homme qui rĂ©pudie sa femme puis se remarie. CâĂ©tait en effet la situation courante. JĂ©sus ne lâinterdit pas, mais, sollicitĂ© sur la question du divorce, sa rĂ©ponse se dĂ©place vers le remariage. Il dit âattention, si on divorce pour un motif futile, on commet lâadultĂšre en se remariant !â La parole de JĂ©sus âQue lâhomme ne sĂ©pare pas ce que Dieu a uniâ est souvent invoquĂ©e pour affirmer que la rĂ©pudiation dont parle la Bible ne rompt pas le lien conjugal. En effet les hommes ne seraient pas capables de dĂ©faire ce que Dieu a fait. Mais H. Blocher fait remarquer que JĂ©sus nâa pas dit âLâhomme ne peut pas sĂ©parer ce que Dieu a uniâ mais âQue lâhomme ne sĂ©pare pasâŠâ17. Câest trĂšs diffĂ©rent. On pourrait mĂȘme pous- ser plus loin la parole de JĂ©sus et dire que lâhomme, en fait, peut sĂ©parer ce que Dieu a uni, mais, en principe, il ne doit pas le faire. Paul Sorti de son contexte, 1 Corinthiens pourrait apparaĂźtre comme uneinterdiction absolue âSi elle sâest sĂ©parĂ©e, quâelle demeure sans se remarierâ. Mais on a vu que cette parole sâadressait spĂ©cifiquement au conjoint qui a pris lâinitiative de la sĂ©paration pour le seul motif ascĂ©tique. Paul reconnaĂźt que cette personne est non-mariĂ©e, mais elle nâa pas le droit de se remarier. On dira pourquoi tout Ă lâheure. De plus on a vu que Paul permettait, lui aussi, une possibilitĂ© de sĂ©paration. Admettait-il alors la possibilitĂ© du remariage dans ce cas prĂ©cis ? Il ne le dit pas clairement. Cependant les termes forts quâil utilise conduisent Ă le penser si les conjoints sĂ©parĂ©s sont agamoĂŻ donc dans une situation similaire Ă celle du cĂ©libataire et si au moins celui qui subit la sĂ©para- tion nâest pas liĂ© donc dans une situation similaire Ă celle des veufs on a toutes les raisons de croire quâil pouvait se remarier. On peut mĂȘme penser quâen interdisant explicitement le remariage dans une situation, cela implique quâil le permettait implicitement dans lâautre situation. Mais pourquoi lâinterdire dans un cas et pas dans lâautre ? Nâest-ce pas faire deux poids deux mesures ? Non. Il faut bien rĂ©aliser que dans les deux cas la situation est trĂšs diffĂ©rente. Le verset 11 sâadresse Ă une personne qui a choisi de se sĂ©parer pour une raison qui ne constitue pas une atteinte directe au lien du mariage. Son dĂ©sir dâascĂ©tisme est un motif purement personnel qui ne met pas en cause lâattitude du conjoint. Il est donc logique dans ce cas, si cette personne ne souhaite pas reve- nir vers son conjoint, quâelle demeure non mariĂ©e, puisque tel est son choix. Au verset 15 la situation est toute diffĂ©rente. Le conjoint chrĂ©tien nâa pas dĂ©cidĂ© lui-mĂȘme de se sĂ©parer. Il est obligĂ© dâaccepter la situation que les circonstances lui imposent, un peu comme les veufs et veuves. Lâattitude du conjoint dĂ©serteur atteint en profondeur la relation du mariage, elle la rend impossible. Le conjoint abandonnĂ© doit donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme dĂ©liĂ© de ses engagements antĂ©rieurs. Il est donc logique quâil ait le droit de se remarier. Nous avons donc aux versets 11 et 15 deux situations bien distinctes dans un cas un divorce choisi sans motif valable mais un divorce tout de mĂȘme ! ; dans lâautre un divorceimposĂ© rendant impossible la poursuite de la relation conjugale. Dans un cas le remariage nâest pas possible, dans lâautre, il lâest. DEUX CLAUSES DâEXCEPTION OU DEUX EXEMPLES DE CLAUSES DâEXCEPTION ? La Bible mentionne expressĂ©ment deux motifs de divorce lâinconduite sexuelle et la dĂ©sertion du conjoint non-chrĂ©tien. Faut-il considĂ©rer que ce sont les deux seules raisons possibles ?Quâen est-il, par exemple, lorsque câest un conjoint chrĂ©tien qui est coupable de dĂ©sertion ? Certes, lâapproche pastorale conduira Ă le rencontrer et Ă Ćuvrer dans le sens dâune rĂ©conciliation. Mais sâil ne veut rien entendre ? Comment accompagner le conjoint dĂ©sertĂ© ? Faut-il le considĂ©rer comme dĂ©liĂ© ? Faut-il considĂ©rer le dĂ©serteur comme un paĂŻen au motif quâil refuse dâĂ©couter lâĂglise selon la suggestion du Seigneur lui-mĂȘme ; cf. Mt ? Et quâen est-il dâautres situations commela violence, lâalcool⊠? Ou encore de situations infiniment plus compliquĂ©es, lorsque les torts sont difficiles Ă Ă©tablir, que la relation sâest dĂ©gradĂ©e au cours des annĂ©es et que le mĂ©pris a pris la place de lâamour ? Doit-on considĂ©rer quâil nây a lĂ aucun motif valable de divorce ?Toute la question est de savoir si la Bible prĂ©sente une liste exhaustive de clauses dâexception ou bien sâil sâagit plutĂŽt dââexceptions typeâ dont la liste ne serait pas exhaustive ? Je voudrais plaider pour cette deuxiĂšme notons que les motifs invoquĂ©s pour permettre le divorce restent relativement imprĂ©cis. Câest particuliĂšrement vrai dans DeutĂ©ronome 24. Ăa le reste dans la bouche de JĂ©sus. On peut noter aussi que lâapĂŽtre Paul ne prĂ©cise pas le motif qui pousse le conjoint non-chrĂ©tien Ă se sĂ©parer cf. 1 Co Cette attitude qui consiste Ă ne pas trop prĂ©ciser les choses â contrairement Ă ce que faisait ShammaĂŻ par exemple â me paraĂźt significative. Câest une attitude qui tend vers lâouverture plutĂŽt que vers la fermeture. Cela traduit le dĂ©sir de prendre en compte chaque cas individuellement plutĂŽt que dâĂ©tablir des normes prĂ©cises quâil faudrait appliquer froidement sans tenir compte des situations. Cette maniĂšre de faire ouvre la possibilitĂ© dâune certaine libertĂ© pour permettre un accompagnement pastoral adaptĂ© et Ă©vite les piĂšges du lĂ©galisme. JĂ©sus ne recommande pas le libĂ©ralisme de Hillel, loin sâen faut, mais il ne fait pas non plus lâĂ©loge du rigorisme de ShammaĂŻ. Sâil est ferme dans son appui du maiage, il est aussi humain envers la souffrance dâautrui. En cela on peut penser quâil a modelĂ© lâattitude de Paul qui sâest senti la libertĂ©, en considĂ©rant la souffrance des conjoints dĂ©sertĂ©s, de permettre la reconnaissance dâun nouveau cas de nous devons prendre en compte la nature des textes bibliques Ă©tudiĂ©s. Aucun dâeux ne constitue un exposĂ© Ă part entiĂšre sur le thĂšme du divorce. Tous sont des rĂ©actions Ă des situations existantes une loi casuistique dans un cas, la rĂ©ponse Ă une question posĂ©e sur la possi- bilitĂ© dâun divorce pour nâimporte quel motif dans un autre cas, la prisede position par rapport Ă des situations engendrĂ©es par la confrontation Ă des philosophies et des attitudes Ă©manant du monde paĂŻen dans un dernier cas. Pas dâexposĂ© thĂ©orique, mais des rĂ©actions. Câest la raison pour laquelle Paul ne fait aucune mention de la clause dâexception du Seigneur. Pour lui ce nâĂ©tait pas le sujet. La prise en compte de cette rĂ©alitĂ© oblige Ă penser quâon ne trouve dans aucun texte un exposĂ© exhaustif sur la question du divorce. Ă chaque fois nous trouvons plutĂŽt un effort de contextualisation. Ă chaque fois il sâagit de faire tenir ensemble plusieurs paramĂštres la pensĂ©e de Dieu sur le mariage, la pensĂ©e humaine fortement entachĂ©e de pĂ©chĂ©, mais aussi la souffrance que les crises du mariage ne manquent pas dâengendrer. Or, il se trouve que si la pensĂ©e de Dieu sur le mariage ne change pas, la rĂ©alitĂ© du pĂ©chĂ© et les causes de souffrances sont, elles, multiformes. Et cela oblige Ă refaire constamment le travail de contextualisation. LâapĂŽtre Paul a pour nous une attitude exemplaire. Il ne campe pas sur la clause dâexception du Seigneur, mais il adopte la mĂȘme attitude que lui il tient compte de la pensĂ©e divine sur le mariage âquâon ne se sĂ©pare pasâ mais aussi de la rĂ©alitĂ© du pĂ©chĂ© et des souffrances quâelle engendre âsi elle est sĂ©parĂ©eâ, âsi le non-croyant se sĂ©pareâ. Câest cette Ćuvre de contextualisation que lâapproche pastorale, confrontĂ©e Ă une grande diversitĂ© de situations, doit constamment nombreux hommes de Dieu, dans des situations trĂšs diverses, ont dĂ©jĂ plaidĂ© pour la poursuite de cet effort de contextualisation. Luther a pensĂ© que le refus par un conjoint des relations sexuelles rendait possible le divorce ; MĂ©lanchton le pensait des mauvais traitements ; Bucer allait jusquâĂ proposer lâincompatibilitĂ© dâhumeur ; plus rĂ©cemment Dabney invoque un mari qui contraindrait sa femme Ă avorter ou une femme qui avorterait Ă lâinsu de son mari ou encore un mari qui bat sa femme ou ses enfants de maniĂšre habituelle ; R. Beckwith Ă©voque la cruautĂ© perverse, le refus du mari de pourvoir aux besoins de sa femme ou de ses enfants, et mĂȘme lâopposition dĂ©libĂ©rĂ©e aux dĂ©cisions raison- nables du mari sur des points importants18.Henri Blocher pose la question âPuisque lâapĂŽtre, inspirĂ©, a eu lâauda- ce dâĂ©tendre Ă la dĂ©sertion ce que JĂ©sus nâavait dit que de la fornication, pouvons-nous comme lui allonger la liste, lâĂ©tendre Ă dâautres fautes graves ?â19 R. Somerville est disposĂ© Ă aller dans ce sens, âĂ condition de ne pas nous placer dans une perspective purement juridique ce qui reviendrait Ă dire, dans telle ou telle situation, le divorce est autorisĂ©, mais plutĂŽt dans une perspective pastorale ne sommes-nous pas dans une situation oĂč lâinterdiction de divorcer deviendrait un esclavage, alors que le mariage est, de fait, brisĂ© ?â20.Il est Ă©vident quâune telle dĂ©marche nĂ©cessite de la prudence. En aucun cas, elle ne doit ouvrir la porte au laxisme. Le soutien franc et massif de la Parole de Dieu au mariage doit demeurer une ligne directrice ferme. Ce soutien franc doit empĂȘcher de livrer le lien du mariage Ă des motifs de ruptures futiles. Nos textes refusent explicitement le remariage lorsque le motif de la sĂ©paration ne constitue pas une atteinte directe au cĆur du mariage et aux engagements qui le fondent ainsi de la sĂ©paration pour un motif purement personnel, Ă©goĂŻste 21. Mais on a aussi admis que lorsque le motif de la sĂ©paration constituait une atteinte directe au cĆur un mariage et aux engagements qui le fondent, par exemple le refus de fidĂ©litĂ© ou de vie commune, alors le remariage devenait possible, et donc le divorce lĂ©gitime. De tels Ă©lĂ©ments peuvent guider dans le discernement et lâaccompagnement pastoral.
La femme est la seconde faute de Dieu. » - friedrich nietzsche
Peut-on encore lire ? LĂ©on Bloy Pour le deuxiĂšme volet de notre sĂ©rie consacrĂ©e Ă ces figures au ban de la littĂ©rature, Zone Critique sâinterroge sur le destin de LĂ©on Bloy, Ă©crivain monarchiste et catholique de la fin du XIXe siĂšcle. Sa verve de prĂ©dicateur a-t-elle vieilli ? Son talent dâorateur est-il surannĂ© ? Bref, peut-on encore lire LĂ©on Bloy ? Notre contributeur, ClĂ©ment Guarneri, propose une lecture assez osĂ©e de Bloy qui incite Ă voir dans ce personnage hors-norme, un poĂšte pascalien. Ses Ćuvres seraient donc un viatique indispensable pour traverser notre Ă©poque tourmentĂ©e. Si on me prouvait que la vĂ©ritĂ© est en dehors du Christ, je prĂ©fĂšrerais rester dans lâerreur avec le Christ que dans la vĂ©ritĂ© en dehors de Lui ». FĂ©dor MikhaĂŻlovitch DostoĂŻevski. Je veux aujourdâhui vous entretenir dâun grand Ă©crivain catholique, dont les Ćuvres sont rĂ©guliĂšrement rééditĂ©es depuis une dizaine dâannĂ©es, jâai nommĂ© LĂ©on Bloy. Pourtant, je ne doute pas quâen ces temps de matĂ©rialisme dĂ©vot et dâirrĂ©vĂ©rence pour tout ce qui a trait au christianisme et au catholicisme, la figure du Mendiant Ingrat passe pour inactuelle, voire profondĂ©ment rĂ©trograde, aux vues de lâardeur de ce fol en christ » pour qui seule la Gloire de Dieu comptait, et dont lâĆuvre fut le tĂ©moignage retentissant. Mais il en va Ă vrai dire pour lâĆuvre de LĂ©on Bloy comme il en va pour toute Ćuvre enracinĂ©e dans lâoccident chrĂ©tien, une mĂ©fiance de plus en plus accrue, une lecture de plus en plus partielle, et un regain dâintĂ©rĂȘt tout relatif sâefforçant dâĂ©quarrir, de polir, toute aspĂ©ritĂ© de pensĂ©e. On loue ainsi lâimprĂ©cateur de gĂ©nie que fut le Vieux de la Montagne, en sâenthousiasmant de la verve, de la gouaille, de la truculence de son style ornĂ© de latinismes, dâarchaĂŻsmes et dâargot, mais lâon Ă©vince le penseur, le tĂ©moin, le prophĂšte, au nom de son intolĂ©rance, de ses excĂšs et de ses violences⊠Une telle manie, est le propre dâun siĂšcle piquĂ© dâasepsie qui voudrait expulser, au prĂ©texte dâun idĂ©al hygiĂ©niste, tout ce qui fait le sel de la terre la libertĂ©. Et aussi absurdement que cela puisse paraĂźtre, nous aurions consommĂ©, Ă rebours de Saint Paul prĂȘchant que la lettre tue, lâesprit vivifie », lâĂ©quilibre, renversant lâavertissement du Saint ApĂŽtre en affirmant dĂ©sormais que lâesprit tue, la lettre seule vivifie ». Seulement, ce serait se mĂ©prendre que de lire ainsi LĂ©on Bloy, en sĂ©parant le fond de la forme, quand style et pensĂ©e sont indissociables. Lâheure est donc venue de relire ce BlasphĂ©mateur par amour », Ă lâaune de cette imbrication. LĂ©on Bloy, lâincendiaire LĂ©on, Marie, Joseph Bloy naquit le 11 juillet 1846, deux mois avant lâapparition de la Vierge Ă la Salette en IsĂšre, Ă Notre-Dame de Sanilhac en Dordogne, Ă deux pas de PĂ©rigueux. Il fut le fils de Jean-Baptiste Bloy, fonctionnaire des Ponts et chaussĂ©es, franc-maçon admirateur des LumiĂšres, et de Anne-Marie Carreau, dâorigine espagnole, fervente catholique dont Bloy dĂ©clarera plus tard quâelle fut vĂ©ritablement, avec Jules Barbey dâAurevilly, lâartisane de son retour au catholicisme en 1868. Durant cette premiĂšre jeunesse en province, Bloy ne fit montre dâaucune prĂ©disposition si ce nâest dâun talent prononcĂ© pour le dessin qui inquiĂ©ta lâidĂ©al bourgeois de son pĂšre. Dâun tempĂ©rament taciturne, il fut aux dires de ses maĂźtres un piĂštre Ă©colier, et dut ĂȘtre retirĂ© de la classe de quatriĂšme, suite Ă une altercation dans la cour de lâĂ©tablissement, se retrouvant ainsi sous la direction de son pĂšre qui lâorientera aprĂšs une premiĂšre formation dĂ©cousue, vers lâarchitecture. LâĂ©crivain reviendra dâailleurs quelques annĂ©es plus tard, sur cette jeunesse, au chapitre X du DĂ©sespĂ©rĂ©, dans lequel il dĂ©crira tous les ressorts de cette enfance mĂ©lancolique. Lâheure est donc venue de relire ce BlasphĂ©mateur par amour » Ce ne fut donc quâĂ sa montĂ©e sur Paris, aprĂšs avoir rĂ©digĂ© une tragĂ©die de mauvais aloi, LucrĂšce, que LĂ©on Bloy sâarrima Ă sa vocation dâĂ©crivain, aprĂšs son Ă©chec Ă lâĂ©cole des Beaux-Arts et ses diverses incursions dans le salariat. Il frĂ©quenta alors les milieux du socialisme rĂ©volutionnaire, rĂ©digeant des articles dans lâesprit de Jules VallĂšs, se faisant communard dâavant la Commune », avant sa rencontre dĂ©cisive, en dĂ©cembre 1868, avec Jules Barbey dâAurevilly, rue Rousselet, dont il devint par la suite le secrĂ©taire. Cette rencontre eut alors nombre de rĂ©percussions sur le jeune LĂ©on Bloy et signa le retour du fils prodigue Ă la foi de sa mĂšre. En moins de deux ans, il fit, par une Ă©tude prodigieuse, ses humanitĂ©s, se nourrissant de la Vulgate de Saint JĂ©rĂŽme, de JuvĂ©nal, de CicĂ©ron, et des grands classiques français, notamment Pascal, tout en accordant une grande attention, sous lâinfluence de Barbey dâAurevilly aux penseurs contre-rĂ©volutionnaires, tels que Joseph de Maistre, Louis de Bonald, Antoine Blanc de Saint-Bonnet avec qui il entretint une correspondance. LĂ©on Bloy nouait ainsi avec les milieux traditionnalistes français, quand la guerre franco-prussienne de 1870 vint lâarracher Ă ses Ă©tudes et le mener sur le front de cette expĂ©rience, il livrera plus tard rĂ©cits et contes au Gil Blas, les faisant publier en un recueil Sueurs de Sang en 1893. Au retour de la guerre, LĂ©on Bloy, poursuivit sa formation intellectuelle auprĂšs de Barbey dâAurevilly et fit la connaissance du fou », Ernest Hello, grand traducteur des mystiques telle AngĂšle de Foligno ou encore Ruysbroeck lâAdmirable, et de lâabbĂ© Tardif de Moidrey, brillant prĂ©dicateur et talentueux exĂ©gĂšte vraisemblablement confesseur de Barbey dâAurevilly nous lui devons une Introduction au livre de Ruth rééditĂ©e chez DesclĂ©e de Brouwer par Paul Claudel en 1938, par lâentremise duquel il dĂ©couvrira le pĂšlerinage de la Salette, dont il tirera deux ouvrages Celle qui pleure, Notre-Dame de la Salette publiĂ© en 1908 et Le Symbolisme de lâApparition publiĂ© Ă titre posthume en 1925, et une nouvelle mĂ©thode de lecture biblique quâil nommera le symbolisme universel ». Ce fut aussi durant cette pĂ©riode de 1879 Ă 1882 quâil Ă©prouva une ardente passion pour Anne-Marie RoulĂ©, auprĂšs de laquelle il vĂ©cut un amour mystique, extatique, durant lequel lui fut livrĂ© son cĂ©lĂšbre Secret ». Tous deux guettant, attendant, lâĂ©vĂ©nement terrible, apocalyptique annoncĂ© par Saint Joseph, auquel ils nâassisteront pourtant pas. Cela vaudra en 1882 lâinternement dâAnne-Marie RoulĂ© Ă lâhĂŽpital Saint-Anne Ă Paris et Ă LĂ©on Bloy le dĂ©sespoir dâun idĂ©al saccagĂ©. Commençait alors aprĂšs des annĂ©es de pauvretĂ©, une vie dâerrance, de bohĂšme, faite de deuils et dâunions passagĂšres perte de sa maĂźtresse Berthe Dumont, naissance de son fils Maurice quâil eĂ»t dâEugĂ©nie Pasdeloup, durant laquelle Bloy collaborera au Chat Noir, journal satirique de Rodolphe Salis, publiant des articles assassins sur les Ă©crivains de son temps rassemblĂ© dans un recueil de critiques les Propos dâun entrepreneur de dĂ©molitions en 1884 et Ă©laborant une Ă©tude historique providentialiste sur Christophe Colomb en qui il voit le Messager du Christ Le RĂ©vĂ©lateur du Globe, Christophe Colomb et sa bĂ©atification future, 1884. Proche de la bohĂšme parisienne, il rencontrera en 1884, lâĂ©crivain Joris-Karl Huysmans qui venait de publier Ă Rebours et Auguste Villiers de lâIsle-Adam, cĂ©lĂšbre auteur de LâĂve future et des Contes cruels. Mais ce ne fut quâen 1887, aprĂšs lâĂ©chec de son pamphlet hebdomadaire Le Pal, que Bloy accĂšdera, avec son premier roman autobiographique, Le DĂ©sespĂ©rĂ©, Ă la reconnaissance dâun petit cercle, en dĂ©pit de lâinsuccĂšs, signant par lĂ -mĂȘme une dĂ©claration de guerre au naturalisme en assurant le renouveau de la littĂ©rature catholique. NĂ©anmoins, sans le sou, LĂ©on Bloy poursuivait une vie de dĂ©brouille, dâĂ©crivain prolĂ©taire, fidĂšle au Christ, vivant dâexpĂ©dients et de mendicitĂ©. Il fallut attendre la rencontre de Johanne Molbech fille du poĂšte Christian Molbech, en 1889, dans le salon des CoppĂ©, quâil Ă©pousera lâannĂ©e suivante Ă©poque de sa brouille avec Huysmans, pour que lâĂ©crivain dispose enfin, Ă dĂ©faut du confort, de la stabilitĂ© de la vie familiale malgrĂ© les dĂ©mĂ©nagements de taudis en taudis, de masure en masure. De cette union naquirent VĂ©ronique en avril 1891, AndrĂ© en 1894 qui dĂ©cĂšdera soudainement en 1895, Pierre en 1895 qui dĂ©cĂšdera lâannĂ©e mĂȘme de sa naissance, et enfin Madeleine en 1897. Cette union marquera le dĂ©but de lâĆuvre de la maturitĂ©, la pĂ©riode des grandes amitiĂ©s, et celle dâune crĂ©ation rĂ©guliĂšre dont son journal littĂ©raire et inĂ©dit nous retrace la genĂšse. Il publiera ainsi en 1892 Le Salut par les Juifs, essai poĂ©tique dâinspiration paulinienne retraçant le rĂŽle dâIsraĂ«l dans lâeschatologie1 chrĂ©tienne, en 1894 les Histoires dĂ©sobligeantes, contes cruels dâune ironie fĂ©roce avant lâannĂ©e 1895 surnommĂ©e par Bloy LâannĂ©e terrible », en raison de la perte de ses deux fils et de la maladie de sa femme ; ce sera dâailleurs dans ce douloureux contexte quâil terminera La Femme Pauvre, entreprise dĂšs 1887, et parue en 1897. Viendront ensuite le journal littĂ©raire dont le fameux volume Le Mendiant Ingrat, Ă©ditĂ© en 1898, vĂ©ritable reliquat de la vie de lâauteur et mythe littĂ©raire, avant la rencontre de son Ă©diteur Alfred Valette qui lâassociera Ă lâaventure du Mercure de France, assurant ainsi des revenus stables au PĂšlerin de lâAbsolu, lui permettant alors de publier Le Fils de Louis XVI en 1900, LâexĂ©gĂšse des lieux communs 1903, 1908, les autres volumes du journal littĂ©raire, et enfin Le Sang du Pauvre en 1909 ouvrage toutefois publiĂ© chez lâĂ©diteur Juven, LâĂme de NapolĂ©on en 1912 ou encore les MĂ©ditations dâun solitaire en 1916 publiĂ©es en 1917, annĂ©e de la mort de LĂ©on Bloy, Ă Bourg-La-Reine oĂč il fut enterrĂ©. La recherche de lâabsolu Celui qui ne prie pas le Seigneur prie le Diable » Ă©crivit LĂ©on Bloy. Cette citation, fraĂźchement remise au goĂ»t du jour par le Pape François, le jour de son accession au trĂŽne de Pierre, est Ă©minemment rĂ©vĂ©latrice de la pensĂ©e du poĂšte et constitue lâĂ©pine dorsale de son itinĂ©raire spirituel. Il fut, Ă la suite de Baudelaire, et avant des Ă©crivains comme Georges Bernanos, Louis-Ferdinand CĂ©line, ou encore Jean-Pierre Martinet, lâun de nos auteurs qui interrogea le scandale du Mal avec le plus dâĂ -propos, dâacuitĂ© et de justesse, ne cessant dâintimer que le dĂ©sespoir, le fatalisme, la haine du beau, le matĂ©rialisme, sont devenus les ressorts de la machinerie diabolique et les expĂ©dients par lesquels Satan agit sur nos vies en annihilant notre enthousiasme. Ce mot de Satan, de malin, que les prĂȘtres mĂȘme craignent parfois dâĂ©voquer, de peur du ridicule, est bien loin de ce diablotin affublĂ© dâune queue et dâun trident, il est au contraire ce dĂ©sespoir », cet IrrĂ©vocable dont parlait justement Baudelaire, celui qui divise et corrompt lâĂąme pour lâĂ©loigner de Dieu, par le simulacre, lâidolĂątrie, le pĂ©chĂ©, lâorgueil, la haine et lâenvie ; cet instrument de discorde flattant notre vanitĂ©. Ainsi, non loin dâinterroger une notion creuse, Bloy nous invite-t-il Ă scruter nos Ăąmes pour en extraire sa noblesse et sa munificence, dans la voie du dĂ©pouillement et de la mĂ©ditation, par une ascension sans cesse accrue dans lâAmour de Dieu, fondĂ©e sur lâimitation du Christ. Mais cette recherche de lâAbsolu dont tĂ©moigne lâĆuvre de LĂ©on Bloy, trouve tout particuliĂšrement Ă©cho dans son Ćuvre romanesque et dans ces deux romans que sont Le DĂ©sespĂ©rĂ© et La Femme Pauvre, vĂ©ritables chefs-dâĆuvre de mystique, narrant la lutte de CaĂŻn Marchenoir, Ă©crivain-journaliste vomi par le tout Paris littĂ©raire, puis celle de Clotilde MarĂ©chal, une pauvresse aux traits de sainte, contre la mĂ©diocritĂ© du temps prĂ©sent, la bassesse et les mesquineries de lâĂąme humaine, dĂ©busquant ici ou lĂ , les mensonges et les Ă©cueils dâune sociĂ©tĂ© pour qui lâesprit de lucre seul fait loi et dans laquelle lâhĂ©roĂŻsme chrĂ©tien nâest plus quâun martyr tout anachronique faisant la joie des profanateurs et des hypocrites. LĂ©on Bloy ne manquant pas de conspuer, dans la lignĂ©e des prophĂštes par le ton, et dâun Balzac par lâanalyse des milieux, la bigoterie des catholiques, lâignominie du journalisme, lâĂ©goĂŻsme bourgeois, la vilĂ©nie des mauvais pauvres », au point de porter sa prose jusquâau blasphĂšme envers ce Dieu qui a promis et qui ne vient pas, comme pour le forcer Ă sortir du silence. Livres de la rĂ©volte, manifestes contre lâesprit retors des sociĂ©tĂ©s modernes, odes Ă la pauvretĂ© chrĂ©tienne, Le DĂ©sespĂ©rĂ© et La Femme Pauvre forment donc, Ă dĂ©faut de vies de saints, deux rĂ©cits de vies exemplaires, contant lâascension de deux Ăąmes Ă©perdument amoureuses, vers lâunitĂ© et la plĂ©nitude de Dieu. Enfin, si Le DĂ©sespĂ©rĂ© se clĂŽt certes sur lâĂ©chec de Marchenoir et lâapparente absence de Dieu, La Femme Pauvre se clĂŽture quant Ă elle sur lâimage dâune bĂ©atitude que lâhumilitĂ© voudrait prĂ©senter comme inachevĂ©e, voire inaccessible, et dont Clotilde MarĂ©chal nous prĂ©sente la Joie en sâadressant Ă un prĂȘtre qui la plaint de sa misĂšre On nâentre pas au Paradis demain, ni aprĂšs-demain, ni dans dix ans, on y entre aujourdâhui, quand on est pauvre et crucifiĂ© ». Car au-delĂ des heurts et des tragĂ©dies, LĂ©on Bloy parvient Ă nous communiquer, dans des pages sublimes, la quintessence dâune vie spirituelle, en nous ramenant dans le temps de lâĂąme, loin, trĂšs loin du temps matĂ©riel, par de multiples Ă©piphanies2, dans lesquels son talent dâenlumineur rappelle les plus belles visions des mystiques. Et Ă Bloy dâĂ©riger, dans un style inimitable, deux fresques littĂ©raires, deux paraboles bibliques », deux rĂ©cits allĂ©goriques, rejouant, réécrivant, au sein de la modernitĂ©, le drame thĂ©ologique de la Sainte TrinitĂ©, lâhistoire du Salut. Le DĂ©sespĂ©rĂ© devient alors le rĂ©cit figurĂ© de la passion du Christ, contant le sacrifice de CaĂŻn Marchenoir sur lâautel du journalisme, aprĂšs lâĂ©chec dâun amour mystique avec VĂ©ronique Cheminot, figure de lâAmour et de lâEsprit-Saint, faute de sa folie ; autrement dit, Le DĂ©sespĂ©rĂ©, prenant acte de la modernitĂ© et de lâapparente faillite de la RĂ©demption », nous Ă©voque la scandaleuse impossibilitĂ© des noces du Christ et de son Ăglise annoncĂ©es dans lâApocalypse de Jean. Tandis que La Femme Pauvre, sâefforcera dâoutrepasser cette aporie, en rejouant le drame des Ăcritures, Ă travers le destin de LĂ©opold et de Clotilde MarĂ©chal, afin dâannoncer, la venue du Paraclet ; la Vierge de lâApocalypse terrassant lâĂ©toile du soir, le Christ en Gloire Ă©pousant enfin, Ă lâheure du Jugement Dernier, son Ăglise. Bloy possĂšde une langue inimitable, en clair-obscur, qui oscille entre tĂ©nĂšbres et lumiĂšre Ces paraboles, LĂ©on Bloy nous les Ă©voque dans une langue inimitable, en clair-obscur, par une oscillation constante des tĂ©nĂšbres Ă la lumiĂšre, Ă la maniĂšre des peintres mĂ©diĂ©vaux, rameutant la lumiĂšre au centre mĂȘme de lâenfer parisien, par lâirradiation exalumineuse3 de ses personnages et de ses mots. Le poĂšte cherchant, dans lâenflure du langage, des mĂ©taphores et des sons, par association dâidĂ©es et correspondances, ce qui le mĂšnera toujours un peu plus au seuil du MystĂšre, aux portes de la contemplation bĂ©atifique, Ă la connaissance de Dieu. LĂ©on Bloy, prophĂšte de lâEsprit-Saint ParallĂšlement Ă son Ćuvre de conteur et de romancier, LĂ©on Bloy Ă©crivit dâimportantes Ă©tudes historiques, ainsi que des essais poĂ©tiques, qui retracent son attente de la Parousie4 du Christ et ses spĂ©culations sur le rĂŽle de la troisiĂšme Personne Divine lâEsprit Saint. LâĂ©crivain Ă©laborant une relecture biblique symbolique et allĂ©gorique, tentant dâisoler les desseins de Dieu et le rĂŽle de chaque homme dans le plan divin, en le rattachant Ă lâhistoire universelle du salut, selon le dogme de la Communion des Saints5 et la doctrine du corps mystique. Ainsi, tout homme serait surnaturellement un membre de JĂ©sus-Christ et rejouerait, par sa douleur, la Passion du Seigneur, jusquâau consummatum est, Ćuvrant par lĂ -mĂȘme, au salut de lâHumanitĂ©. Le fond de ma pensĂ©e est que dans ce monde en chute, toute joie Ă©clate dans lâordre naturel et toute douleur dans lâordre divin. En attendant les assises de Josaphat, en attendant que tout se consomme, lâexilĂ© du Paradis ne peut prĂ©tendre quâau seul bonheur de souffrir pour Dieu. On retrouve lĂ , le sublime souffrir ou mourir » de Sainte ThĂ©rĂšse dâAvila, et lâinsĂ©parable articulation de lâHistoire et du MystĂšre, qui nous invite Ă aller au-delĂ du visible, Ă interroger les apparences, en vertu de la formule de Saint Paul, nous voyons comme dans un miroir aux Ă©nigmes ». Le poĂšte, dans une vision prophĂ©tique, dĂ©peignant avec pittoresque, un avenir apocalyptique confinant Ă lâindicible et Ă lâineffable, en rattachant les faits et les hommes aux vues de la Providence. Ainsi, LĂ©on Bloy vit dans le destin de Christophe Colomb, de Marie-Antoinette, de NapolĂ©on, du fils de Louis XVI, des empereurs de Byzance et de Jeanne dâArc, les instruments de Dieu, les figures annonciatrices de cet Autre » qui doit venir, la face de Dieu dans les TĂ©nĂšbres » de ce paraclet-Esprit Saint qui couronnera lâhistoire de lâhumanitĂ© Ă lâheure du Jugement Dernier. La pitance de lâĂąme Nous sommes tous des misĂ©rables et des dĂ©vastĂ©s, mais peu dâhommes sont capables de regarder leur abĂźme » sâĂ©crie Marchenoir dans La Femme Pauvre, sur un ton tout pascalien. Aussi, le temps est-il peut-ĂȘtre venu de sâabreuver de nouveau aux mamelles de lâArt, de la pensĂ©e, de lâĂąme, par la lecture de cette Ćuvre qui mieux quâaucune autre, Ă la fin du dix-neuviĂšme siĂšcle, avait perçu lâimpasse de la modernitĂ©. Cette impasse, nous la connaissons, nous la frĂ©quentons, elle rĂ©side tout entiĂšre dans la haine du Pauvre, dans le primat de la technique, dans lâaliĂ©nation Ă la matiĂšre. Ainsi, lire, relire LĂ©on Bloy, nâest peut-ĂȘtre quâune autre façon de sâextraire de ces temps sans grandeur qui font peu avec beaucoup, quand on faisait autrefois beaucoup avec peu⊠Le Mendiant Ingrat nous invitant par son ardeur, sa naĂŻvetĂ©, ses coups de gueule, sa rĂ©volte, son Amour, Ă outrepasser le fatalisme dâune Ăšre qui voudrait nous arracher notre pitance. Ainsi, revenir Ă cette Ćuvre qui a tout, aujourdâhui, dâun exorcisme spirituel, câest affronter le mal du temps ; LĂ©on Bloy, substituant Ă lâamertume des viatiques sans consistance, le froment de lâĂąme lâENTHOUSIASME, ce Dieu qui est nous. 1 Le terme dâ eschatologie » vient du vocabulaire thĂ©ologique, il dĂ©signe la doctrine des choses qui doivent advenir Ă la fin du monde, câest autrement dit le discours sur la consommation des siĂšcles. 2 Chez les chrĂ©tiens, le terme Ă©piphanie » dĂ©signe la fĂȘte de la manifestation de JĂ©sus aux Gentils. Par extension, il peut dĂ©signer un moment de contemplation en rĂ©fĂ©rence Ă la RĂ©vĂ©lation. 3 Exalumineux, euse », est un nĂ©ologisme dĂ©rivĂ© du mot lumineux, euse » auquel a Ă©tĂ© ajoutĂ© le prĂ©fixe latin ex », signifiant hors de, en dehors de. Autrement dit la lumiĂšre que dĂ©gage un ĂȘtre, une chose, par exemple un corps exalumineux », un corps qui transsude la lumiĂšre. 4 Le mot de Parousie » est un terme biblique issu du Nouveau Testament signifiant la seconde venue du Christ, Ă lâheure du Jugement Dernier. Il est souvent reprĂ©sentĂ© en gloire, drapĂ© dâune tunique blanche, aurĂ©olĂ© de lumiĂšre dans les reprĂ©sentations populaires. 5 Dans la thĂ©ologie chrĂ©tienne, le dogme de la Communion des Saints veut que tous les membres de lâĂglise visible et invisible soient en union profonde. ClĂ©ment Guarneri Imprimer cet article Commentaires
Toutle monde connaĂźt lâhistoire. Dieu, un homme, une femme. Un jardin et, au milieu, un arbre interdit. Chacun sait â ou croit savoir â comment tournent les choses.
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La place des femmes dans lâhistoire de lâEglise Lorsque lâon parle des pouvoirs qui entravent le libre Ă©panouissement des femmes, lâEglise Catholique est la premiĂšre accusĂ©e. Son soi-disant anti-fĂ©minisme a toujours Ă©tĂ© critiquĂ©. Pourtant, rappelons lâaffirmation suivante dâAndrĂ© Malraux Jâentends dire que la religion catholique est misogyne, ce nâest pas sĂ©rieux ! Une religion qui agenouille les hommes devant une femme couronnĂ©e manifeste une misogynie suspecte. »[1]La femme a une place toute particuliĂšre dans la bible dĂšs lâAncien Testament les femmes ont un rĂŽle dĂ©terminant dans lâhistoire du peuple dâIsraĂ«l on pense Ă Judith, Esther ou les femmes dâautres patriarches. Mais ces femmes ne font que prĂ©cĂ©der, celle qui sera la figure de la vocation fĂ©minine la Vierge Marie. Câest dâailleurs pour cela que Saint Jean Paul II a datĂ© son encyclique Mulieris Dignitatem au 15 aout 1988, au cours de lâannĂ©e Christ a Ă©galement rĂ©servĂ© une place toute particuliĂšre aux femmes au cours de sa vie terrestre. Aucune femme ne reçut le sacerdoce, ni nâassista Ă la derniĂšre CĂšne mais des grĂąces leurs ont Ă©tĂ© rĂ©servĂ©es. Marthe et Marie recevaient les confidences du Seigneur lors de ses arrĂȘts Ă BĂ©thanie. Marie Madeleine a reçu lâannonce de la RĂ©surrection Ă lâĂ©poque oĂč le tĂ©moignage des femmes Ă©tait rĂ©cusĂ© comme celui des enfants, des esclaves et des infirmes. Elle a Ă©tĂ© proclamĂ©e ApĂŽtre des apĂŽtres » et ce sont des Saintes Femmes qui entouraient le Christ au pied de la croix. DĂšs les temps apostoliques, des groupes de femmes ou de veuves se sont créés dans lâEglise pour annoncer lâEvangile. [2] Le rĂŽle des femmes dans la conversion des peuples Ă lâEvangile est dâailleurs un des plus beaux aspects de lâhistoire du Christianisme. Nulle part ailleurs leur rĂ©elle puissance et leur apparente faiblesse nâĂ©clatent dans un contraste plus touchant. La grĂące toute particuliĂšre accordĂ©e Ă la Vierge Marie, ThĂ©otokos, câest-Ă -dire mĂšre de Dieu, rĂ©vĂšle Ă quelle vocation Dieu appelle toute femme accueillir le Tout autre, Dieu ». Marie, ThĂ©otokos, est lâexpression la plus accomplie de la dignitĂ© et de la vocation fĂ©minine. Marie en tant que femme et mĂšre de Dieu, doit ĂȘtre la source essentielle de la rĂ©flexion sur la dignitĂ© et la vocation de la femme. [3] Elle indique la façon dont la femme doit concrĂ©tiser sa mission. Chaque femme est appelĂ©e Ă imiter Marie », qui est, par sa virginitĂ©, le pur archĂ©type de la nature fĂ©minine »[4], en ce quâelle est celle qui est le plus intimement unie au christ » en ce quâelle est le cĆur de lâEglise dont le Christ est la TĂȘte, et en ce quâelle est celle qui a enfantĂ© toute lâhumanitĂ© en Christ »[5]. Chaque femme est, de ce fait, appelĂ©e, dans le plus sublime et dans le plus pur dĂ©ploiement de son ĂȘtre, Ă incarner lâessence mĂȘme de lâEglise, Ă ĂȘtre son symbole ». [6]Dans son audience du 6 janvier 1995, Jean Paul II souligne certaines qualitĂ©s de la Vierge Marie que la femme doit imiter. Parmi elles, il rappelle lâimportance de la coopĂ©ration de la femme Ă la venue du Christ, de conserver une lâattitude de service humble, de se rappeler la valeur de la maternitĂ© mais Ă©galement de la virginitĂ© pour le Royaume et enfin, de rester engagĂ© dans la charitĂ©. Ainsi, dĂšs les premiers siĂšcles de son histoire, lâEglise manifeste Ă lâĂ©gard des femmes, un triple souci celui de sauvegarder leur dignitĂ©, de les faire accĂ©der au savoir ainsi que de respecter le pouvoir quâelles peuvent ĂȘtre amenĂ© Ă exercer,[7] afin dâexercer pleinement leur vocation fĂ©minine dans la crĂ©ation de la femme dans la GenĂšseTout comme lâhomme, la femme a Ă©tĂ© créée Ă lâimage et Ă la ressemblance de Dieu Gn 1,27. Cette affirmation doit ĂȘtre la base de la rĂ©flexion anthropologique sur lâhomme et la femme et confirme le caractĂšre sacrĂ© de la vie humaine. Dans le second rĂ©cit de la crĂ©ation, la femme est créée Ă partir de la cĂŽte de lâhomme. AppelĂ©e ainsi Ă lâexistence, la femme est immĂ©diatement reconnue par lâhomme comme chair de ma chair et os de mes os » Gn 2, 23. Câest pour cela quâelle est nommĂ©e dans le langage biblique, femme isha » parce quâelle est tirĂ©e de lâhomme ish- ».Le livre de la GenĂšse affirme que lâunitĂ© du couple passe avant la distinction entre lâhomme et la femme Homme et Femme, il les crĂ©a » Gn 1,27. Ainsi, dans la crĂ©ation il nây a pas lâhomme dâune part et la femme dâautre part mais bien un couple indissociable qui constitue la base de lâunitĂ© originelle. La femme est créée Ă partir du cĂŽtĂ© dâAdam comme lâeau et le sang de la nouvelle Alliance ont jaillit de la cĂŽte du Christ, transpercĂ©e par la lance Jn 19, 34. LâapĂŽtre Paul a souvent Ă©tĂ© qualifiĂ© de misogyne pourtant câest lui qui a trouvĂ© la plus belle formule que lâon puisse imaginer pour magnifier le rĂŽle de la femme Elle est la gloire de lâHomme » 1 Co 11,7. Dans le langage biblique le terme gloire signifie ce qui donne du poids, de lâimportance, de lâĂ©clat. DâemblĂ©e dans le livre de la GenĂšse, Eve est qualifiĂ©e de mĂšre des vivants » Gn 3, 20 puis sur la croix, le Christ institue Marie, mĂšre de lâEglise. En dĂ©finitive, le plan de Dieu dĂ©pend aussi de la femme, quâil sâagisse de la faute originelle ou de la RĂ©demption. [8]PĂ©chĂ© originel la femme est-elle vraiment Ă lâorigine du mal ? Tout vient de la premiĂšre tentation de la femme par le dĂ©mon qui lui souffle de se libĂ©rer. Il essaie de faire croire Ă la femme quâelle est esclave de Dieu par cette obĂ©issance demandĂ©e par lui. Cette tentation consiste Ă faire croire Ă la femme que son bonheur, nâest pas dans lâamour et lâobĂ©issance Ă Dieu, quâil nâest pas dans ce que Dieu a voulu pour elle, et il lui fait croire quâelle est capable de connaĂźtre seule le bien et le mal. AprĂšs la chute, Dieu dit serpent Je mettrai une inimitiĂ© entre toi et la femme, entre ta descendance et la sienne ; celle-ci te visera Ă la tĂȘte et tu la viseras au talon » Gn 3, 15. La femme se trouve donc en premiĂšre ligne et non lâhomme dans cette bataille. La femme reste aujourdâhui au cĆur des luttes pour la famille, parce quâelle est justement lâĂąme de la famille. Non parce quâelle serait plus faible que lâhomme mais parce quâelle dĂ©tient un pouvoir sur le destin de lâhumanitĂ© par ses capacitĂ©s de persuasion et de sĂ©duction, et parce quâelle dĂ©tient les clĂ©s de la fĂ©conditĂ©, de la gĂ©nĂ©ration, du don et de la vie. [9]Dans la volontĂ© de Dieu, la femme est vraiment celle qui est lâaide de lâhomme. Il faut voir cela comme un rĂŽle de complĂ©mentaritĂ© dans lâordre de lâamour. Il sâagit pour elle dâĂ©veiller lâhomme Ă un vĂ©ritable amour spirituel et de coopĂ©rer Ă la croissance de cet amour. La femme est donc source dâamour pour lâhomme. Elle doit ĂȘtre celle qui doit Ă©veiller Ă lâamour. Jo Croissant rĂ©sume trĂšs bien cette vocation de la femme Elle doit toujours ĂȘtre aimante jusquâĂ ce que lâamour soit rĂ©veillĂ© dans le cĆur de lâautre, câest lĂ sa vocation »[10]De nombreux grands hommes de lâhistoire ont eu des mĂšres exceptionnelles, et eux-mĂȘmes ont eu pourtant des fils insignifiants. Comment expliquer cela ? Ces femmes ont exercĂ© leurs talents non pour elles-mĂȘmes mais pour les transmettre, contrairement Ă lâhomme qui se livre souvent tout entier dans lâexercice de ses talents. La femme est celle qui porte lâamour, celle qui en est la source et celle qui le garde. Elle porte dâailleurs une alliance toute particuliĂšre avec Dieu, qui est mĂ©prisĂ©e par le dĂ©mon, dans le mystĂšre de la fĂ©conditĂ© quâelle vit en elle et quâelle porte en elle. Elle est unie au mystĂšre de la crĂ©ation divine. [1] Malraux A, Entretien, Le point, 17 mars 1975 [2] Le Pivain D, La vocation fĂ©minine dans lâEglise, Bulletin des amis de la FraternitĂ© Saint Pierre, Janvier-FĂ©vrier 1997, n° 52 [3]Jean Paul II, Mulieris Dignitatem, 15 aout 1988 n°13 [4] Stein E, Les problĂšmes posĂ©s par lâĂ©ducation des jeunes filles, ConfĂ©rences, p 337 [5] Stein E, La mission de la femme en tant que guide de la jeunesse sur le chemin de lâEglise, ConfĂ©rences p 388-389 [6] Ibid, p 389 [7] Perrachon A, Le fĂ©minisme, lâEglise et les autres⊠, in Permanences n°156, Janvier 1959, pages 27-31 [8] Debray P, La femme dans le plan de Dieu, in Fiche dâĂ©ducation Ă la foi, supplĂ©ment du courrier hebdomadaire, 1984, n°174 [9] Gillard-Chevallier P, Les principes de la vie chrĂ©tienne la vocation de la femme », in la Nef n°139 Juin 2003 [10] Croissant J, La femme sacerdotale, Ed des BĂ©atitudes.
L'homme et la femme sont séparés de Dieu. D'abord ils se cachent, puis ils sont chassés hors du paradis, loin de la présence de Dieu. * L'homme est séparé de la femme et réciproquement! Adam "dénonce" Eve, la charge de la responsabilité de la faute, et s'en désolidarise. Adam doit désormais dominer Eve, Eve est dans état de
Sophie de Villeneuve Un internaute s'interroge face aux deux rĂ©cits de crĂ©ation de la GenĂšse. Quelle est la vraie crĂ©ation ? Est-ce la premiĂšre, parfaite, spirituelle, oĂč l'homme est Ă l'image de Dieu, ou la seconde dans laquelle l'homme est charnel, mortel, pĂ©rissable et mauvais ? De fait, les deux rĂ©cits qui ouvrent la GenĂšse sont trĂšs diffĂ©rents. Sont-ils de la mĂȘme Ă©poque ?A. S. Ces rĂ©cits sont en effet trĂšs diffĂ©rents, mais il ne faut pas les opposer de maniĂšre frontale. Je pense qu'ils sont complĂ©mentaires, et qu'ils n'ont sans doute pas Ă©tĂ© Ă©crits Ă la mĂȘme Ă©poque. On pense que le premier rĂ©cit est le plus celui qui raconte la crĂ©ation du monde en sept jours ?A. S. Oui, c'est un long poĂšme qui commence par la crĂ©ation du cosmos et se termine par la crĂ©ation de l'homme et de la femme, Ă qui Dieu demande de dominer et de servir la nature. Il daterait du retour de l'exil des juifs Ă Babylone, c'est-Ă -dire du IVe ou du Ve siĂšcle avant C'est un texte extraordinairement confiant dans la bontĂ©, la providence, la prĂ©venance de Dieu, un texte enthousiaste, aprĂšs un temps aussi cruel que celui de l'Exil. Je crois que l'Exil a Ă©tĂ© une pĂ©riode de maturation thĂ©ologique qui a permis aux HĂ©breux d'acquĂ©rir des Ă©lĂ©ments de foi nouveaux sur le Dieu d'IsraĂ«l. Ils ont compris que Dieu Ă©tait le crĂ©ateur de l'univers entier, et qu'il Ă©tait mĂȘme le seul Dieu. L'Ă©criture de ce texte dans de telles circonstances Ă©tait en soi un acte de pensez que c'est la raison pour laquelle il apparaĂźt en premier dans la GenĂšse, alors que le deuxiĂšme texte est pourtant plus ancien ?A. S. La mise en ordre finale de la Torah nous Ă©chappe. Nous ne savons pas pourquoi les textes ont Ă©tĂ© rassemblĂ©s dans l'ordre que nous connaissons. Mais le texte qui ouvre la GenĂšse est un poĂšme cosmique, qui montre un Dieu agissant par la parole, et cela a un ensuite un autre rĂ©citâŠA. S. C'est en effet un rĂ©cit diffĂ©rent, oĂč notre internaute voit avec raison une humanitĂ© moins simple, moins docile dans la main de Dieu que celle du premier rĂ©cit. On pense qu'il a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© oralement Ă l'Ă©poque davidique, environ mille ans avant puis mis en forme par Ă©crit plus tardivement. Il montre certes une humanitĂ© plus complexe, mais aussi un Dieu plus proche, un Dieu potier qui pĂ©trit l'homme, lui insuffle son esprit. C'est une image chaleureuse, caressante, inspirĂ©e du quotidien des hommes de l'Ă©poque. C'est un texte qui est lui aussi trĂšs beau, consolant, c'est presque un programme de vie que de se laisser façonner et pĂ©rir sans cesse par les mains de ce Dieu qui nous qui modĂšle la femme Ă partir de l'homme ?A. S. Non ! Qui modĂšle la femme Ă partir de l'ĂȘtre humain. L'exĂ©gĂšse rĂ©cente, notamment avec AndrĂ© WĂ©nin, a redĂ©couvert qu'Adam est l'ĂȘtre humain, et non l'homme masculin comme on l'a cru pendant trĂšs longtemps. Dieu pĂ©trit l'ĂȘtre humain, et quand il voit que l'ĂȘtre humain est seul, il se repent "Il n'est pas bon que l'homme soit seul, il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie." Dieu fait tomber une torpeur sur l'ĂȘtre humain, et au rĂ©veil ils sont deux, sans savoir ce qui s'est passĂ©. Par consĂ©quent la crĂ©ation de l'homme et de la femme est simultanĂ©e. Et l'aide pour l'autre dont parle le texte est la vocation de tout ĂȘtre humain, et non seulement de la internaute lit dans ce deuxiĂšme rĂ©cit que l'homme est charnel et mauvais. Qu'en pensez-vous ?A. S. Le couple se montre en effet dĂ©sobĂ©issant. Dieu interdit Ă l'homme de manger le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car s'il en mange il mourra. C'est bien sĂ»r d'une mort spirituelle dont il est ici question. Dieu propose au couple de vivre en symbiose avec le projet divin, en ne franchissant pas les limites qu'il lui donne. Il est important d'accepter que la condition humaine est limitĂ©e. Nous ne savons pas tout, et mĂȘme si nous pouvons nous efforcer de connaĂźtre le bien et le mal, quelque chose nous en Ă©chappe toujours. Combien de fois nous sommes-nous rendu compte que ce que nous pensions ĂȘtre un bien est devenu un mal, ou inversement. La maĂźtrise parfaite du bien et du mal reste dans la main de Dieu. C'est un interdit fondateur, qui est posĂ© pour notre bien. Malheureusement, cĂ©dant Ă la parole du serpent, le couple a dĂ©sobĂ©i. Et je crois qu'il est plus juste de parler de dĂ©sobĂ©issance plutĂŽt que de chute. Le mot chute est un ajout des commentateurs, il ne figure pas dans le texte biblique. Quant au mot "pĂ©chĂ©", il n'apparaĂźt qu'au quatriĂšme chapitre du livre de la GenĂšse, quand Dieu met CaĂŻn en garde contre le pĂ©chĂ© qui est tapi Ă sa porte comme une le premier pĂ©chĂ© commis dans la Bible, ce n'est pas la dĂ©sobĂ©issance d'Adam et Eve ?A. S. C'est le meurtre du frĂšre. Lire aussi la rĂ©ponse du P. Jacques Nieuviarts
Lesacrement de rĂ©conciliation est "la pierre de touche du christianisme" (2). Il n'aura d'avenir que si son sens est vĂ©cu comme une dĂ©marche dans laquelle chacun retrouve son intĂ©gritĂ© intĂ©rieure, son centre de gravitĂ© dans la foi. Attention, il ne s'agit pas de saintetĂ© ! Si chacun prend un chemin de vĂ©ritĂ© vis-Ă -vis de lui-mĂȘme et vis-Ă -vis de Dieu, peut-ĂȘtre
Ma femme, le sexe et la gloire de Dieu âą C. J. MahaneyPublished on Feb 16, 2016ExtraitBLF Ăditions
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la femme est la seconde faute de dieu